Le Conseil de l’Europe ne veut pas être éclipsépar la Communauté politique européenne

Depuis la proposition faite le 9 mai par le président français Emmanuel Macron de créer une Communauté politique européenne (CPE) par Emmanuel Macron le 9 mai, se pose la question du rôle qu’elle laissera au Conseil de l’Europe (COE), organisation paneuropéenne instituée en 1949.

V. Le, à Strasbourg
Le Conseil de l’Europe ne veut pas être éclipsépar la Communauté politique européenne
©AFP

Avec 44 États membres, la CPE se veut une "grande Europe" à l’instar du COE, fort, lui, de 46 États membres. Le Consseil de l’Europe fut jadis perçu comme le sas d’entrée de l’Union européenne, lorsque de nombreux pays d’Europe centrale et orientale y adhéraient après l’écoulement de l’empire soviétique, comme pourrait le devenir la CPE.

Andorre, le Liechtenstein et Saint-Marin enfont partie mais on ne peut pas dire qu'ils manquent gravement à la CPE qui compte le Kosovo non intégré au COE.Pour l'heure, à Strasbourg, on attend de voir ce qui se met en place à Prague. "Nous suivons les discussions sur la Communauté politique européenne qui reste à définir", déclare Marija Pejcinovic Buric, secrétaire générale du COE. Puis d'ajouter qu'il "est à noter que dans le domaine des droits de l'homme, de la démocratie et de l'État de droit, une telle communauté paneuropéenne existe déjà et est incarnée par le Conseil de l'Europe" . C'est clairement cette expertise pour ce qui touche aux droits humains que l'organisation strasbourgeoise compte mettre en avant alors même que la guerre en Ukraine et l'expulsion de la Russie en mars dernier l'ont fortement ébranlée.

Le rapport sur l’avenir du Conseil de l’Europe rendu mercredi en fin de journée par un groupe d’experts internationaux, dont Federica Mogherini, ancienne Haute représentante de l’Union européenne pour les Affaires étrangères et la politique de sécurité, le confirme. Il appelle à une "articulation correcte" avec la Communauté politique européenne et à un 4e sommet du Conseil de l’Europe où une "déclaration commune" permettrait de "clarifier" les rôles de chacun.