L'UE veut éviter une "logique de confrontation systématique" avec Pékin

L'Union européenne refuse d'être "naïve" à l'égard de la Chine mais souhaite éviter une "logique de confrontation systématique" avec Pékin, a déclaré vendredi le président du Conseil européen Charles Michel.

European Council President Charles Michel speaks during a media conference at an EU summit in Brussels, Friday, Oct. 21, 2022. European Union leaders gathered Friday to take stock of their support for Ukraine after President Volodymyr Zelenskyy warned that Russia is trying to spark a refugee exodus by destroying his war-ravaged country's energy infrastructure. (AP Photo/Geert Vanden Wijngaert)
Le président du Conseil européen, Charles Michel, s'exprime lors d'une conférence de presse au sommet de l'UE à Bruxelles, vendredi 21 octobre 2022. ©Copyright 2022 The Associated Press. All rights reserved

"Nous allons toujours être fermes et debout pour défendre nos principes, la démocratie, les libertés fondamentales", a déclaré M. Michel à l'issue d'un sommet à Bruxelles où les chefs d'Etat et de gouvernement de l'UE ont eu un débat de trois heures sur les relations avec la Chine.

"Nous pensons que nous devons être engagés pour amener davantage de réciprocité, de rééquilibrage singulièrement dans les relations économiques entre la Chine et l'UE", a-t-il ajouté lors d'une conférence de presse.

Il a aussi exprimé la volonté de l'UE de coopérer avec la Chine sur les sujets de changement climatique et de santé.

Le débat entre les dirigeants européens "a montré une volonté très claire de ne pas être naïfs mais de ne pas être non plus dans une logique de confrontation systématique", a-t-il poursuivi.

"Nous avons notre propre modèle à développer", a-t-il ajouté, alors que s'intensifient les tensions entre Washington et Pékin.

Charles Michel a souligné l'importance pour l'UE de développer une "autonomie stratégique" en diversifiant ses partenariats "avec le reste du monde".

Alors que "la Chine poursuit ses efforts pour établir sa domination en Asie orientale et (accroître) son influence mondiale", "nous devons être vigilants sur nos dépendances" vis-à-vis du géant asiatique, dans les technologies cruciales comme les semi-conducteurs et des matériaux critiques (terres rares, lithium...), a abondé à ses côtés la présidente de la Commission Ursula von der Leyen.

L'UE s'est doté de stratégies pour tenter de renforcer son autonomie sur ces deux sujets.

Bruxelles a par ailleurs élaboré des outils pour mieux contrôler les investissements étrangers directs en Europe et atténuer les déséquilibres d'une concurrence déloyale, a noté Mme von der Leyen, face aux vives inquiétudes entourant les investissements massifs de groupes étatiques chinois dans des secteurs économiques clés et infrastructures critiques (les ports entre autres) dans l'UE.