Vif émoi à l'Assemblée nationale française après un incident raciste: Marine Le Pen tente de défendre son député, le président Macron réagit

La présidente de l'Assemblée nationale Yaël Braun-Pivet a mis fin à la séance de questions au gouvernement jeudi, après une interpellation raciste dans l'hémicycle qui a provoqué l'indignation des députés.

Lors d'une intervention du député LFI Carlos Martens Bilongo sur le "drame de l'immigration clandestine", un parlementaire - non identifié dans un premier temps mais désigné ensuite comme étant le député RN Grégoire de Fournas - a lancé dans l'hémicycle "qu'ils retournent en Afrique" ou "qu'il retourne en Afrique".

Après quelques minutes de confusion, la présidente de l'Assemblée a mis fin à la séance "compte tenu de la gravité des faits" et de "l'émotion légitime" dans l'hémicycle.

Des élus de gauche et de la majorité ont attribué l'interpellation au député RN Grégoire de Fournas.

(COMBO) This combination of pictures created on November 3, 2022 shows portraits 
taken by the French National Assembly (Assemblee nationale) of Gregoire de Fournas (L), Rassemblement National (RN) Member of Parliament of the 5th constituency of the Gironde department (33) taken on June 22, 2022 and Carlos Martens Bilongo, La France Insoumise (LFI) Member of Parliament of the 8th consituency of the Val-d'Oise (95) taken on June 21, 2022. (Photo by ASSEMBLEE NATIONALE / AFP) / RESTRICTED TO EDITORIAL USE - MANDATORY CREDIT "AFP PHOTO /  ASSEMBLEE NATIONALE 2022" - NO MARKETING NO ADVERTISING CAMPAIGNS - DISTRIBUTED AS A SERVICE TO CLIENTS
Le député RN Grégoire de Fournas à gauche et le député LFI Carlos Martens Bilongo à droite

De nombreuses réactions indignées... dont celle de Macron

Le racisme n'a pas sa place dans notre démocratie", a prévenu jeudi la Première ministre, Elisabeth Borne, en indiquant que "naturellement", le bureau de l'Assemblée nationale "devra prendre des sanctions".

"Aujourd'hui l'extrême droite a montré son vrai visage", a estimé de son côté la présidente des députés LFI Mathilde Panot. "Nous allons demander la sanction la plus forte, l'expulsion pour plusieurs mois" de ce député, a-t-elle encore indiqué à la presse.

Emmanuel Macron est "heurté" par les propos "intolérables" lancés par un député du Rassemblement national et exprime son soutien au député de La France insoumise "insulté", a indiqué jeudi soir l'entourage du chef de l'Etat. "Le Président est heurté par ces mots qui dans l'hémicycle comme hors de l'hémicycle sont intolérables. Soutien au parlementaire insulté", a-t-on précisé de même source.

Le député RN accusé dénonce "une manipulation" de LFI, Marine Le Pen réagit également

Le député RN Grégoire de Fournas accusé de racisme a dénoncé pour sa part "une manipulation" en affirmant qu'il "ne parlait pas" de son collègue mais "du bateau passeur de migrants".

"Nous sommes en face d'une manipulation de La France insoumise qui cherche à dénaturer mes propos pour me faire tenir des propos dégueulasses vis-à-vis d'un collègue député français de la nation qui a la même légitimité que moi sur ces bancs", a-t-il ajouté.

Marine Le Pen a défendu elle aussi les propos jugés racistes tenus par le député de son groupe, dénonçant une polémique "grossière" des "adversaires" du RN. Ce dernier "évoquait les migrants transportés par les bateaux des ONG. La polémique créée par nos adversaires politiques est grossière et ne trompera pas les Français", a déclaré la présidente du groupe RN sur Twitter.

Le groupe Renaissance "ne siègera pas" faute d'une sanction lourde contre le député RN

Le groupe Renaissance "ne siègera plus" tant que le député RN ne sera pas lourdement sanctionné, a indiqué jeudi le vice-président du groupe Sylvain Maillard. "Nous ne siègerons plus tant qu'une sanction lourde (n'aura) pas été prononcée (...). Le vernis est en train de craquer. C'est ça le Rassemblement national", a relevé le député devant la presse. "Marine Le Pen doit exiger sa démission sans délai", a tweeté de son côté Stéphane Séjourné, numéro un du parti présidentiel.