Grégoire de Fournas, le député RN qui emploie des travailleurs étrangers, malgré ses positions anti-immigration

Le député qui a été exclu de l'Assemblée nationale pour ses propos racistes envers un collègue, est maintenant visé dans une enquête de Franceinfo.

Le député RN Grégoire de Fournas à l'Assemblée nationale (capture d'écran)
Le député RN Grégoire de Fournas à l'Assemblée nationale (capture d'écran) ©D.R

Grégoire de Fournas s’est récemment fait tristement connaître pour des propos racistes prononcés à l’Assemblée nationale. Le député RN (Rassemblement national) de Gironde est maintenant pointé du doigt dans une enquête de Franceinfo.

Nos confrères français ont révélé que l’élu d’extrême-droite, opposé à l’immigration et aux directives européennes sur le travail détaché, emploie de la main-d’oeuvre immigrée sur son vignoble, situé dans le Médoc. De premiers soupçons avaient été évoqués par Libération, mais samedi Franceinfo est allé plus loin et a publié une photo montrant un campement de fortune où logeaient trois travailleurs portugais sur le domaine viticole de Grégoire de Fournas. Les images proviennent d’un reportage de journalistes allemands, qui étaient venus réaliser un reportage sur le vote RN dans la région.

Une enquête qui met à mal les déclarations de Grégoire de Fournas, qui vantait la préférence nationale à l’embauche sur son exploitation viticole. "Je suis viticulteur à Saint-Germain-d’Esteuil, avec des moyens bien moins importants que les grands crus de Pauillac, et pourtant je n’embauche que de la main-d’œuvre locale", avait-il assuré sur France Bleu en 2019.

Sauf que le député n’applique pas cette règle à la lettre. Il a employé des travailleurs étrangers au moins deux fois. En 2019, il s’est lui-même plaint sur Facebook d’avoir été dupé par l’entreprise chargée de recruter de la main-d’œuvre saisonnière.

Lors du reportage des deux journalistes allemands en avril 2022, pour le quotidien Frankfurter Allgemeine Zeitung, le député répond qu'"il n’y avait tout simplement pas de travailleurs français disponibles", et rejette la faute sur son père, le propriétaire du domaine.

Suite à la diffusion de l’enquête, Grégoire de Fournas s’est plaint sur Twitter d’être victime d’une "chasse à l’homme". "Cette’enquête’de franceinfo est d’une malhonnêteté incroyable : c’est moi-même qui ai rendu publique la manière dont certaines entreprises mettaient devant le fait accompli les viticulteurs. Cette chasse à l’homme de ce journalisme militant est à vomir", écrit-il.