Les infirmières en grève au Royaume-Uni: "Assez des bas salaires et de ne pas pouvoir donner aux patients les soins qu'ils méritent"

Les infirmières britanniques vont se mettre en grève les 15 et 20 décembre, un mouvement inédit en 106 ans, illustrant la gravité de la crise sociale au Royaume-Uni avec des débrayages dans de nombreux secteurs qui n'avaient pas été vus depuis des décennies.

 En raison de l’absentéisme et de l’impossibilité de recruter du personnel, le service garde-malade du CPAS de Sambreville sera supprimé au 1er janvier 2023.

"Les infirmières en ont assez", a résumé Pat Cullen, la secrétaire générale du syndicat Royal College of Nurses (RCN). "Assez des bas salaires, (...) assez de ne pas pouvoir donner aux patients les soins qu'ils méritent".

Le personnel avait voté le 9 novembre en faveur de cette grève inédite dans l'histoire du RCN, créé il y a 106 ans. Ce syndicat a annoncé vendredi deux jours d'action des 15 et 20 décembre après "le rejet de négociations de la part du gouvernement".

Selon des estimations, le salaire réel des infirmières a chuté de 20% depuis 2010, notamment en raison de l'actuelle crise du coût de la vie, avec une inflation supérieure à 11%. Le salaire annuel d'une infirmière débutante est de 27.000 livres bruts (31.400 euros). Mais pour le ministre de la Santé Steve Barclay, "c'est une période difficile pour tout le monde" et le gouvernement ne peut pas répondre aux demandes "inabordables" du RCN, qui "représentent une augmentation salariale de 19,2%".

Un hôpital sur quatre a mis en place des banques alimentaires pour soutenir le personnel, selon NHS Providers, qui représente les groupes hospitaliers en Angleterre.

Cette grève intervient alors que le système de santé public (NHS), sous-financé depuis des années, est plongé dans une grave crise. Le gouvernement a annoncé une augmentation du budget du NHS de 3,3 milliards de livres l'an prochain et l'année suivante.

Selon le RCN, en Angleterre, 47.000 postes d'infirmières ne sont pas pourvus. L'an dernier, 25.000 infirmières ou sages-femmes qui travaillaient dans le public ont claqué la porte. (Belga)