Qui pour diriger le PS français ? Trois candidats briguent la présidence du parti

Olivier Faure, Nicolas Mayer-Rossignol et Hélène Geoffroy sont candidats.

<p>Olivier Faure, du PS, à Ivry-sur-Seine, le 5 mai 2022</p>
<p>Olivier Faure, du PS, à Ivry-sur-Seine, le 5 mai 2022</p> ©AFP

Ils seront trois à briguer la tête du PS en janvier, avec comme enjeu le maintien du parti dans la Nupes: le Premier secrétaire sortant Olivier Faure y est favorable, ses adversaires, le maire de Rouen Nicolas Mayer-Rossignol et la maire de Vaulx-en-Velin Hélène Geoffroy, plus hostiles.

A l'issue d'un conseil national samedi, trois textes d'orientation ont été déposés et seront soumis au vote des adhérents le 12 janvier. Un second vote, le 19 janvier départagera les deux candidats restants, avant un congrès le 25 à Marseille.

Au coeur de ce 80e congrès, que tous jugent stratégique, se joue l'accord de la Nouvelle union populaire écologique et sociale (Nupes) entre la France insoumise, le PS, les écologistes et les communistes, qui a permis de garder un groupe de 32 députés socialistes à l'Assemblée, malgré l'échec historique à la présidentielle de la candidate Anne Hidalgo (1,7%).

Alors que le congrès précédent avait vu s'affronter Olivier Faure (72%) et Hélène Geoffroy (28%), un nouveau combattant est entré dans l'arène: Nicolas Mayer-Rossignol, le maire PS de Rouen a déposé un texte d'orientation, "Refondations".

Il est soutenu par la maire de Paris Anne Hidalgo et des proches de la présidente de la région Occitanie Carole Delga, toutes deux clairement opposées à la Nupes.

"Nous sommes la seule nouveauté, la seule voie capable de rassembler tous les socialistes", a-t-il affirmé samedi, se voulant "une nouvelle voie" entre la direction sortante et les partisans de l'ancien président François Hollande.

Nicolas Mayer-Rossignol prône "un PS non dilué dans un accord, mais moteur de la gauche", affirmant que "la Nupes ne mérite ni excès d'indignité, ni excès d'honneur. Ce cadre politique est utile, mais il n'est pas suffisant, ni durable pour gagner".

Il a défendu une "gauche humaniste, qui renforce et prolonge la construction européenne, qui ne confond pas radicalité avec l'outrance", dans un tacle à La France insoumise.

Hélène Geoffroy, soutenue par les "éléphants" du PS, comme le maire du Mans Stéphane Le Foll, a de son côté déposé son texte "Refonder, rassembler, gouverner".

"Changer l'équipe de tête"

Celle qui dénonce depuis quatre ans "l'effacement" du PS, a annoncé qu'elle suspendrait la participation du PS à la Nupes, si elle gagnait.

Elle veut des assises de la gauche et "un contrat de projet" avec certains partenaires. "J'entends que les Verts veulent cultiver leur jardin et que Fabien Roussel", le patron des communistes, marque aussi sa différence. "Il n'y a que nous qui serions inféodés à la France insoumise ?", s'est-elle exclamé.

Olivier Faure, qui propose le texte "Pour gagner", lui a répondu: "Comment on bâtit le rassemblement de la gauche et des écologistes si on décide de sortir du seul endroit où la gauche se parle?".

"Affirmant que le PS était mieux "entendu" parce que "nous avons dit que nous appartenons à la gauche, indéfectiblement", il a démenti avoir perdu la moindre autonomie depuis l'accord avec LFI.

Face à la motion de Nicolas Mayer-Rossignol, il a reconnu que "les différences étaient plus subtiles" et a questionné: "Où est-on, quand on est ni Nupes ni pas Nupes?".

Il a invité le maire de Rouen à clarifier: "Avec qui êtes-vous prêt à faire synthèse? Je suis prêt à faire synthèse avec vous".

L'entourage d'Hélène Geoffroy souligne cependant que le maire de Rouen "est plus proche de notre ligne", et que des discussions existent pour un éventuel rapprochement au second tour.

Pour une cadre du PS proche d'Olivier Faure, la motion de Nicolas Mayer-Rossignol "n'est pas une ligne politique. Leur seul objectif c'est de changer l'équipe de tête".

Olivier Faure, qui défend aussi "un socialisme écologique" et une meilleure répartition des investitures vers les nouvelles générations et les femmes, part cependant favori.

Il a réussi à agréger avec lui les auteurs de quatre contributions générales, dont des féministes et des jeunes socialistes, ainsi que la maire de Nantes, Johanna Rolland.

Même si Olivier Faure défend l'idée de débattre avec la Nupes concernant une éventuelle liste commune aux européennes, "c'est acquis que c'est le projet qui dictera les alliances", s'est félicité Mme Rolland.

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