Berlin est le paradis des touristes qui aiment la culture, la peinture, l’architecture, la verdure, l’aventure et le mur.

Du soleil. De la verdure. La Spree qui coule à vos pieds. Le coin semble idyllique dans ce qui fut longtemps un no man’s land entre l’Est et l’Ouest. Les fresques et autres graffitis donnent même un air joyeux à ce long pan de Mur recherché par les touristes, qui se pressent du côté de l’East Side Gallery, facilement accessible à pied depuis le centre de la ville.

C’est pourtant l’endroit à éviter si vous désirez un tant soit peu vous replonger dans le Berlin d’avant, dans ce Berlin divisé. L’endroit était sinistre, sans âme, long alignement d’immeubles tous plus impersonnels les uns que les autres. Aux abords d’AlexanderPlattz, vous en retrouverez encore quelques-uns, abandonnés.

Le mur, ou ce qu’il en reste, c’est à Bernauer Strasse qu’il faut aller le voir, pour le sentir, pour s’en imprégner un tant soit peu. Là, vous êtes au mur, comme il était voilà trente ans. Du musée, vous voyez le dispositif installé par le pouvoir communiste pour empêcher ces citoyens de passer à l’Ouest, même, au besoin, en les abattant.

Trente ans après cette fameuse nuit du 9 novembre 1989, Berlin a toutefois largement pansé ses plaies. Et c’est tant mieux.

La ville est un véritable coin de paradis pour le touriste, tant il y a d’endroits à visiter, à apprécier. Surtout dans la partie Est. Il y a bien entendu l’emblématique Porte de Brandenbourg, symbole de la ville, qui trône en haut de Unter den Linden. Le voyage dans l’histoire de la ville peut débuter.

Sur la droite, le plus célèbre hôtel de la ville, l’Adlon, le luxe personnifié, reconstruit après la chute du Mur, après avoir été incendié par des soldats russes en 1945. Ensuite, l’ambassade russe, un peu plus bas, où l’on osait à peine respirer en passant sur le trottoir à l’époque de la République démocratique allemande (RDA). Plus bas, les bâtiments de l’Université Humboldt. Superbes. Prenez le temps de vous asseoir sur un banc et de goûter à l’architecture de l’endroit. C’est aussi là que l’on commémore l’autodafé du 10 mai 1933 par les nazis.

Au-delà du pont, sur votre gauche, la cathédrale, qui n’est pas vraiment une cathédrale. La visite est incontournable, et ne pensez pas y passer en coup de vent. L’intérieur est magnifique, restauré. Vue sur toute la ville depuis la coupole.

De cette coupole, vous avez une vue imparable sur le palais royal, reconstruit ces dernières années sur fond de vive polémique. C’est en tout cas de là que l’Empereur Guillaume II avait proclamé la guerre en 1914 et que Karl Liebknecht lança la République socialiste le… 9 novembre 1918. L’ouverture au public est prévue dans les prochaines semaines.

À vos pieds, aussi, l’île aux Musées. Si vous avez du temps (beaucoup de temps, même), visitez-les tous. Si vous ne devez n’en visiter qu’un, le Pergamon est incontournable. Longez aussi le musée Bode, à défaut d’y entrer.

À Checkpoint Charlie, une fausse guérite

La visite est encore loin d’être finie : vous êtes alors au centre de ce qui fut Berlin-Est : Alexanderplatz, la tour de la télévision, l’hôtel de ville. Le musée de la DDR vous replonge dans l’Allemagne communiste. Les avis sont mitigés. Si vous voulez plonger dans cette histoire, visionnez plutôt le film Good Bye, Lenin !. Vraiment savoureux.

Plus en retrait, le Gendarmenmarkt. Cette place bordée de deux églises est pleine de quiétude à quelques pas du centre et, surtout, pleine de charme.

L’une des terrasses vous invitera sans doute à faire une pause. L’occasion de jeter un coup d’œil sur la carte. Checkpoint Charlie est à un jet de pierre. Épargnez-vous le déplacement sauf si vous allez vers le Musée du Mur. Mis à part un panneau "Vous sortez du secteur américain" et une fausse guérite, il n’y a plus rien à voir. Difficile d’imaginer qu’il n’y avait rien sur cette portion de la FriedrichStrasse entre les deux postes-frontières.

Mais ne manquez pas la PotsdamerPlatz, qui fut la plus célèbre place de l’entre-deux-guerres. Il n’en restait plus rien après le conflit mondial. C’était un vaste terrain vague aux confins de l’Est et de l’Ouest. C’est aujourd’hui une construction architecturale moderne tout à fait fabuleuse, qui a intégré la façade du seul immeuble ayant survécu aux bombes.

Et dire que vous n’êtes pas encore passé à l’Ouest. La Eberstrasse vous mènera de là vers le Reichstag. En chemin, arrêtez-vous au mémorial de l’Holocauste. Le Reichstag, le siège du Parlement est lui aussi chargé d’histoire. Son incendie, en 1933, est le prétexte invoqué par Hitler pour arrêter des milliers de communistes. C’est aussi là que fut proclamée la réunification des deux Allemagne, le 3 octobre 1990.

Vous êtes à Tiergarten, le poumon vert de la capitale allemande. Vous pouvez l’arpenter en long et en large, y flâner, visiter le célèbre zoo. Vous pouvez aussi vous aventurer dans le quartier du gouvernement, et, qui sait, apercevoir Angela Merkel.

En son centre, la Colonne de la victoire dominée par sa statue ailée, érigée par l’Empereur Guillaume Ier et déplacée à cet endroit par les nazis.

Après avoir traversé Tiergarten, l’église du Souvenir se présente. Presque entièrement détruite en avril 1945, c’est un autre rappel des horreurs de la guerre. À Berlin, chaque pas est imprégné d’histoire.

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5 bonnes raisons de venir à Berlin

> Le musée de Pergame

Le musée de Pergame doit son nom au grand autel de Pergame, dont les frises monumentales constituent l’un des chefs-d’œuvre de la sculpture grecque antique. La salle est actuellement en rénovation. La porte du marché romain de Milet et la porte d’Ishtar avec la rue processionnelle de Babylone compenseront largement votre déception.

> À vélo sur les pistes de décollage

Vous est-il jamais venu l’idée saugrenue de parcourir les pistes d’un aéroport à vélo ? Berlin vous en offre la possibilité à Templehof, l’aéroport utilisé par Adolph Hitler, aujourd’hui transformé en parc. Vous pouvez le relier depuis le centre de Berlin, une ville que vous prendrez plaisir à découvrir à bicyclette grâce à un relief très favorable. Vous pouvez aussi tester la piscine flottante sur la Spree. Attendez toutefois l’été.

> L’est de la ville divisée

C’est mon coin préféré de Berlin car il regroupe quasiment tout ce qu’il y a à découvrir dans cette ville : les musées, des bâtiments qui ont retrouvé leur lustre d’antan ou encore quelques petites touches de-ci, de-là de l’Allemagne communiste. Vous pouvez vous replonger dans les pires travers de ce régime en visitant le musée de la Stasi : tout le monde ou presque espionnait tout le monde et la répression était omniprésente.

> Le mur

Trente ans après sa chute, le mur fait encore parler de lui, surtout en cette période. Difficile de passer à côté, même s’il n’est plus que l’ombre de lui-même. Difficile, en tout cas, de pouvoir s’imaginer la séparation des deux mondes. Soit le no man’s land a fait place à des immeubles, soit il est resté en friche. Après 30 ans, la nature a aussi effacé pas mal de plaies.

> Le Reichstag

Ce n’est pas l’endroit le plus sexy de Berlin, mais le Reischtag est tellement chargé d’histoire. Il est possible de le visiter et de grimper jusqu’à sa coupole en verre. Plus facile à dire qu’à faire : mieux vaut s’y prendre bien à l’avance pour réserver ses places.

Comment venir à Berlin

Voiture : Se rendre à Berlin en voiture est tout à fait faisable (moins de 800 km) si vous ne faites pas qu’un saut de puce dans la capitale allemande. Ne soyez pas trop optimiste sur le temps de trajet, ne serait-ce que pour les travaux fréquents sur les autoroutes.

Avion : Pour un week-end même prolongé, l’avion s’impose. Les deux aéroports desservis depuis Zaventem sont Schoenefeld, à une vingtaine de kilomètres du centre et Tegel, le plus facile d’accès en transport en commun.

Se renseigner

La ville Le site visitberlin.de/fr est une mine d’information sur la ville, les musées, les principales attractions.

Potsdam Si vous avez un peu de temps, pensez à vous rendre à Potsdam. Le palais de Sanssouci ou Sans-Souci, l’ancien palais d’été du roi de Prusse Frédéric II, est une petite merveille.