Les Etats membres de l'Union européenne se sont entendus vendredi pour doter de 5 milliards d'euros d'ici à 2027 la "facilité européenne pour la paix", un nouvel instrument extrabudgétaire qui financera des opérations extérieures ayant des implications militaires ou dans le domaine de la défense.

Ce montant est moitié moindre que celui proposé en 2018 par l'ex-Haute représentante Federica Mogherini, pour ce fonds destiné à prévenir les conflits, à préserver la paix et à renforcer la sécurité dans le monde.

Si le fonds a une vocation internationale, il privilégiera l'Afrique. "Grâce à lui, l'UE sera en mesure de contribuer à la résilience des pays partenaires en Afrique et dans le voisinage, a commenté le ministre allemand des Affaires étrangères, Heiko Maas, dont le pays assure la présidence semestrielle de l'UE jusqu'à la fin de l'année.

Les activités, missions et opérations soutenues par le fonds entrent dans le cadre de la Politique de sécurité et de défense commune (PSDC). Elles prendront la forme de mesures d'assistance, qui peuvent inclure la fourniture d'équipements, d'infrastructures ou d'assistance dans le domaine militaire et de la défense, à la demande de pays tiers ou d'organisations régionales ou internationales.

La facilité européenne pour la paix remplacera la facilité de soutien à la paix pour l'Afrique ainsi que le mécanisme Athena, précédemment utilisé pour financer les coûts opérationnels communs des missions PSDC (liés aux quartiers généraux, au transport du personnel, à la protection des forces, etc.)

Une quarantaine d'ONG emmenées par Oxfam ont fait part de leurs craintes que ce nouvel instrument ne renforce en réalité les forces de sécurité dans des régions instables en leur fournissant du matériel militaire, au risque d'accroître les violations des droits de l'homme et d'alimenter la violence et la prolifération des armes, plutôt que de protéger les civils et de rechercher des solutions politiques.