L'ex-président de la Catalogne, Carles Puigdemont, a dénoncé mardi "un cas clair de persécution politique" après la levée de son immunité parlementaire par les eurodéputés, lors d'une conférence de presse.

"Nous avons perdu notre immunité mais le Parlement européen a perdu beaucoup plus: la démocratie européenne", a-t-il ajouté, après la levée de l'immunité de trois députés catalans, réclamés par l'Espagne pour la tentative de sécession de 2017.

"A disposition" de la justice belge

L'ancien président de la Catalogne Carles Puigdemont, dont l'immunité parlementaire a été levée ce mardi par le Parlement européen avec celle de deux de ses anciens ministres, Toni Comín et Clara Ponsatí, a confirmé sa volonté de contester ces décisions devant la Cour de Justice de l'Union européenne.

Tous trois se tiennent quoi qu'il en soit "à disposition des autorités judiciaires belges", qui au final devront décider de leur remise aux autorités espagnoles, a ajouté M. Puigdemont au cours d'une conférence de presse.

Les dossiers concernant les mandats d'arrêt de MM Puidgemont et Comín, qui ont fui en Belgique fin 2017, sont déjà entre les mains de la justice belge. Mme Ponsatí, qui réside en Écosse où son dossier est traité, se trouvait ce mardi à Bruxelles aux côtés des deux autres indépendantistes catalans.

Tous trois sont réclamés par l'Espagne pour leur implication dans le référendum d'indépendance de la Catalogne, tenu le 1er octobre 2017, en toute illégalité selon Madrid.

Dans trois votes distincts, le Parlement européen a approuvé ce mardi matin la levée de leur immunité par au moins 400 voix pour, près de 250 contre et une quarantaine d'abstentions. Le trio y voit un soutien "plus important que prévu" dans sa lutte contre "la répression des dissidents politiques". Pour M. Comín, le résultat du vote démontrerait même que "plus de 40% des eurodéputés n'ont pas confiance en la justice espagnole".

© afp