C'est une véritable bombe qui vient secouer le monde intellectuel français en ce début d'année. La juriste Camille Kouchner accuse son beau-père, Olivier Duhamel, d’avoir agressé sexuellement son frère jumeau lorsqu'il était adolescent. Face à un tel scandale, le président de la Fondation des sciences politiques a annoncé sa démission immédiate sur Twitter. " Étant l’objet d’attaques personnelles, et désireux de préserver les institutions dans lesquelles je travaille, j’y mets fin à mes fonctions", a-t-il écrit.

Si les faits sont aujourd'hui prescrits, la belle-fille du célèbre politologue français a confié au ELLE Magazine qu'elle souhaitait faire la lumière sur cette histoire. "Je réclame zéro justice, de toute manière, c’est trop tard, il n’ira pas en prison, je l’accepte. En revanche, ce n’est pas parce que les faits sont prescrits du point de vue de la justice que je n’ai pas le droit de parler."

Camille Kouchner, la fille de l’ancien ministre Bernard Kouchner, a vécu avec son frère dans les années 80-90 aux côtés d’Olivier Duhamel, quand celui-ci était le mari de leur mère. Selon ses dires, il aurait abusé sexuellement de son frère lorsqu'il avait 14 ans à plusieurs reprises durant deux ans. Evelyne Pisier, leur mère, aura connaissance des faits 20 ans plus tard alors que Camille et son frère ont la trentaine, mais elle décide de garder le silence et de protéger son mari. "L’inceste arrive dans tous les milieux. Mon beau-père, je ne le balance pas aux lions, je m’en fiche un peu de ce qui va lui arriver… Je voulais juste l’enfermer dans un livre. Parler et que lui se taise, franchement, ce serait ça la décence."

Aujourd'hui, cela fait trois ans qu'Evelyne Pisier est morte, et sa fille a décidé de livrer sa version sur cette histoire édifiante dans un livre intitulé La Familia grande, qui sera publié le 7 janvier aux éditions du Seuil. "J’ai choisi d’écrire car je ne pouvais plus me taire. Il y a un an, j’ai expliqué à mes enfants ce qui s’était passé. J’avais besoin de leur montrer qu’on n’allait pas tous rester emprisonnés dans le silence", a-t-elle confié au quotidien L'Obs.