"Il y a des preuves indubitables de l'existence d'un agent chimique neurotoxique ", peut-on lire dans le rapport.

Le Novitchok correspond à une famille d'agents innervants extrêmement dangereux. Il provoque un ralentissement du rythme cardiaque et l'obstruction des voies respiratoires jusqu'à la mort par asphyxie.

Le gouvernement allemand dit "condamner fermement" l'empoisonnement de l'homme politique. Le rapport indique que l'épouse de M. Navalny et les médecins traitants ont été informés des résultats de l'examen. Les autorités allemandes ont également envoyé une demande officielle aux autorités russes pour obtenir des explications et prévoient de contacter l'Organisation pour l'interdiction des armes chimiques (OIAC), rapporte le média indépendant Dojd.

La chancelière Angela Merkel, qui a réuni tous les ministres concernés par cette affaire, fera une déclaration mercredi.

"Le ministère des Affaires étrangères informera l'ambassadeur russe des résultats de l'enquête", prévient le gouvernement. L'Allemagne va en outre tenir informés "ses partenaires de l'Union européenne et de l'Otan des résultats de l'enquête", poursuit-il. "Elle discutera d'une réponse commune appropriée avec ses partenaires à la lumière de la déclaration russe."

Le gouvernement allemand prévoit aussi de "prendre contact avec l'Organisation pour l'interdiction des armes chimiques", les agents de type Novitchok étant interdits par cette organisation.

"Nous espérons un rétablissement complet à M. Navalny", conclut-il.

Les experts médico-légaux russes affirment, eux, n'avoir trouvé, au cours de leur enquête, aucune preuve à l'appui de l'allégation selon laquelle le dissident Alexei Navalny aurait été empoisonné, ont rapporté mercredi les médias officiels russes à la suite de l'annonce par les autorités allemandes que l'opposant aurait bien été empoisonné. Le ministère russe des Affaires étrangères a déclaré qu'il attendait toujours que l'Allemagne puisse fournir des preuves par rapport à ces faits.

Alexei Navalny a été hospitalisé le 20 août dernier à la suite d'un malaise dans un avion parti de Tomsk, en Sibérie, en direction de Moscou. Depuis lors, il est dans le coma. Il a passé deux jours dans une clinique d'Omsk, où les médecins en charge ont déclaré n'avoir trouvé aucun signe d'empoisonnement. Par la suite, l'opposant a été pris en charge dans un hôpital allemand.

© AFP