"A compter de lundi 12 octobre 00H00, je cesserai toute hydratation, alimentation et traitement sauf les antidouleurs", a déclaré à l'AFP M. Cocq. "Je vais aller jusqu'au bout", a-t-il ajouté en référence à sa première tentative avortée, le 5 septembre.

Ce jour-là, M. Cocq avait cessé toute hydration, alimentation et traitement mais plusieurs jours de souffrances qu'il disait "insupportables" avaient entraîné son hospitalisation et la reprise de son traitement.

"A ce moment-là, le Samu est intervenu et m'a proposé de soulager mes douleurs, ce que j'ai accepté: il y a eu un quiproquo car eux ont compris qu'il fallait reprendre l'hydratation et l'alimentation", a expliqué M. Cocq dans une intervention, depuis son lit médicalisé par visio-conférence, à l'Assemblée générale de l'Association pour le Droit de Mourir dans la Dignité (ADMD), qui s'est tenue samedi à Dijon.

"Cette fois-ci, c'est clair: je me suis fait aider d'un avocat et le Samu va être signifié par courrier", a précisé M. Cocq à l'AFP, indiquant qu'il s'était fait conseiller par l'avocat François Lambert, le neveu de Vincent Lambert, un infirmier en état végétatif décédé en juillet 2019 après une sédation profonde voulue par son épouse et François, mais à laquelle ses parents se sont opposés.

Ainsi, dans une lettre listant ses dernières volontés et écrite avec l'aide de M. Lambert, M. Cocq explique vouloir "tirer les leçons de (s)on premier essai". "Je mets cette fois-ci par écrit que ma volonté est libre et éclairée ... Je dis donc clairement et solennellement : si je demande de l'aide à tel ou tel moment au monde médical, cela ne voudra aucunement dire que je veux vivre. Cela voudra dire que je ne peux plus tenir face à la souffrance et que je veux bénéficier d'une sédation profonde et continue", poursuit M. Cocq.

M. Cocq a précisé qu'il renonçait cette fois-ci à retransmettre en direct son agonie sur sa page Facebook ou un autre site. Facebook avait bloqué le 5 septembre la diffusion en vidéo de l'agonie du militant de la fin de vie digne après seulement quelques heures de live.

Alain Cocq, 57 ans, estime ne plus avoir une vie "digne" en raison d'une maladie très douloureuse qui le cloue au lit. Il avait demandé en vain en août au président de la République d'autoriser, à titre compassionnel, le corps médical à lui prescrire du pentobarbital, un barbiturique puissant qui lui aurait permis de "partir en paix". Le président avait refusé, disant "ne pas pouvoir demander à quiconque d'outrepasser notre cadre légal actuel".

M. Cocq milite pour l'autorisation du suicide assisté, qu'il considère comme un "soin ultime". La loi Claeys-Léonetti sur la fin de vie, adoptée en 2016, autorise la sédation profonde mais seulement pour les personnes dont le pronostic vital est engagé "à court terme".