"Le ministère de la Défense a eu une réunion avec l'ambassade américaine à Oslo aujourd'hui où l'on a clairement dit que l'espionnage visant des alliés était inacceptable et superflu", a indiqué le ministre norvégien de la Défense, Frank Bakke-Jensen, dans un tweet diffusé par ses services.

Le ministère a ensuite précisé à l'AFP que c'est le chargé d'affaires américain, Richard Riley selon le site internet de l'ambassade, qui s'était vu signifier le point de vue norvégien par un haut responsable norvégien. La légation américaine n'a pour l'instant pas d'ambassadeur à sa tête.

Selon une enquête de la télévision publique danoise Danmarks Radio (DR) diffusée dimanche soir avec plusieurs autres médias européens, Washington s'est servi au moins jusqu'en 2014 du réseau de câbles sous-marins danois pour écouter des personnalités de quatre pays (Allemagne, Suède, Norvège, France), parmi lesquelles la chancelière Angela Merkel.

Paris, Berlin et d'autres capitales européennes ont sommé les Etats-Unis et le Danemark de s'expliquer sur ces allégations, nouvelle page du dossier des écoutes entre alliés révélées depuis l'affaire Snowden en 2013.

Selon DR, via le Danemark, la NSA a pu accéder aux SMS, aux appels téléphoniques et au trafic internet, y compris les recherches, les chats et les services de messagerie, de responsables, parmi lesquels également le ministre allemand des Affaires étrangères de l'époque, Frank-Walter Steinmeier.

"Je suis heureuse que les Américains aient clairement indiqué qu'ils avaient changé leurs pratiques en 2014 pour ce qui est de la surveillance d'alliés et qu'ils veuillent coopérer avec nous et d'autres pour cartographier ce qui s'est produit", a déclaré la Première ministre norvégienne, Erna Solberg, citée jeudi par l'agence de presse NTB.

"Nous avons aujourd'hui convoqué l'ambassade des Etats-Unis à Oslo pour donner suite à cette invitation", a-t-elle ajouté.

Selon NTB, Mme Solberg s'est entretenue le même jour avec son homologue danoise, Mette Frederiksen.

"Je lui ai redit que nous considérons l'espionnage contre des amis et alliés proches comme inacceptable et superflu", a-t-elle souligné.