Les députés russes ont voté mardi en deuxième lecture une proposition de loi durcissant les sanctions pour les infractions aux règles qui régissent les manifestations, quelques jours après la répression d'actions de protestation en soutien à l'opposant incarcéré Alexeï Navalny. Soumis à la Douma d'Etat, la chambre basse du Parlement, par un député du parti au pouvoir Russie unie en novembre, ce texte prévoit notamment pour les manifestants des amendes allant jusqu'à 4.000 roubles (44,5 euros), soit quatre fois le montant actuel, en cas de refus d'obéir aux injonctions des forces de l'ordre.

Il prône aussi des amendes plus lourdes pour les violation des normes encadrant la collecte de fonds et les dépenses dans le cadre de l'organisation d'une manifestation.

La troisième lecture de la proposition de loi, dont l'adoption ne fait guère de doute, doit intervenir mercredi, le texte devant ensuite être examiné par le Conseil de la Fédération, la chambre haute.

La Russie n'a eu cesse ces dernières années d'alourdir les sanctions de ce type et les procédures pour obtenir l'autorisation d'organiser des manifestations.

Cette nouvelle initiative intervient à quelques mois des législatives russes, programmées pour septembre, sur fond d'impopularité du parti du pouvoir Russie unie.

En outre, des dizaines de milliers de personnes sont descendues dans la rue pendant fin janvier dans une centaine de villes russes à l'appel de l'opposant emprisonné Alexeï Navalny, pour réclamer sa libération.

Ces rassemblements non-autorisés se sont soldés par quelque 10.000 arrestations.

Détracteur numéro un du Kremlin, Alexeï Navalny, qui veut peser sur les prochaines législatives, a été emprisonné le 17 janvier et s'est depuis vu infliger une peine de près de trois ans de prison.

L'opposant estime que le Kremlin cherche à le faire taire en l'emprisonnant, après n'être pas parvenu à le tuer en août en l'empoisonnant, des accusations rejetées par les autorités russes.