Europe

Parcours de mini-golf, toboggan à spirale, sol recouvert d'un décor lunaire... les cathédrales anglaises font leur possible pour attirer les foules malgré la période estivale.

Ce jeudi, comme chaque année, le 15 août sera jour férié en Belgique, à l'occasion duquel les chrétiens catholiques pourront célébrer l'Assomption, la montée au ciel de Marie. Cet événement attirera certainement de nombreux fidèles dans les églises et cathédrales. A Lourdes, on attend d'ailleurs cette année un regain de fréquentation.

En revanche, de l'autre côté de la Manche, en Angleterre, rien de tout cela n'est au programme. Tant et si bien que l'Eglise anglicane, qui peine depuis quelques années déjà à limiter le déclin de fidèles, voit annuellement son taux d'affluence baisser considérablement durant les mois de juillet et août.

D'où la décision, dans certaines cathédrales réputées du pays, d'installer des attractions pittoresques, dans le but de dynamiser les communautés de croyants. Ainsi, la cathédrale médiévale de Rochester (sud-est) a décidé de transformer sa nef en mini-golf. Le parcours a été créé en association avec un collectif local, sur le thème des ponts : chaque trou est la réplique exacte d'un véritable ouvrage, comme le fameux Tower Bridge de Londres. Innovant et surprenant.

Mais il n'y a pas qu'à Rochester qu'une telle initiative a vu le jour. Du côté de Lichfield (centre de l'Angleterre), dès juillet, une réplique de la surface de la lune recouvrant le sol a été dévoilée. La cathédrale de Norwich (à l'est du pays) a quant à elle installé un toboggan en spirale d'une quinzaine de mètres de hauteur. L'intérêt, selon le Révérend Andy Bryant, chanoine de ladite cathédrale : permettre aux fidèles d'admirer de plus près et sous un autre jour le plafond ornementé de l'édifice.


Des réactions mitigées

Autant d'idées qui frappent par leur originalité et semblent rencontrer le succès espéré. A en croire Rachel Phillips, l'une des chanoines de la cathédrale de Rochester, la fréquentation a augmenté de plus de 80% par rapport à la même période en 2018. Un afflux non négligeable.

Une initiative qui n'a pas manqué de déconcerter certains habitués de cette cathédrale de Rochester, réputée avoir l'une des plus belles façades romanes d'Angleterre, qui voient tout de même le projet d'un bon oeil : "A première vue, cela peut sembler choquant , estime Peter Scholey, 70 ans, un directeur d'école à la retraite. Mais si vous y réfléchissez deux minutes (...) ce n'est pas tellement différent de ce qui se passait au Moyen-Âge" .

Un avis partagé par l'écrivain gallois Ken Follett sur Twitter, concernant l'initiative prise cette fois à Norwich: "Les cathédrales ont toujours été utilisées pour toutes sortes de choses : pièces de théâtre médiévales, marchés, tribunaux, hôpitaux, hébergements de secours... Profitez de Norwich".


Tous ne sont cependant pas sur la même longueur d'onde. Dans une lettre ouverte publiée sur le site internet d'information anglais The Guardian, un collaborateur régulier du quotidien, Ben Summerskill, estime que ce n'est pas la mise en place d'un toboggan au sein d'une nef qui redonnera aux gens un intérêt pour la religion. Selon cet homme, si l'Eglise anglicane souhaite véritablement paraître pour une entité plus ouverte et moins dans l'interdit que par le passé, un geste pourrait lui faire le plus grand bien : permettre aux chrétiens engagés dans une relation à long terme avec des personnes de même sexe de célébrer leur union à l'église. Pas gagné.