Il considère qu'il ne "pourra pas travailler sereinement", a-t-on appris samedi de l'intéressé, confirmant une information de RCI Guadeloupe. Contacté par l'AFP, Jean-Luc Lennon fait valoir une "clause de conscience". "C'est une décision tout à fait personnelle qui n'engage que moi", souligne M. Lennon, qui rappelle que, "comme d'autres magistrats, (il) milite depuis longtemps pour l'indépendance du ministère public". Cette "indépendance tarde à venir", a-t-il expliqué sur Radio Caraïbes International.

Selon M. Lennon, "un procureur de la République a vocation à appliquer dans le ressort de sa juridiction la politique pénale qui est déterminée par le gouvernement qui est portée par le garde des Sceaux" et "le procureur de la République doit être aussi en conscience, en capacité de le faire avec loyauté".

"A partir du moment où vous estimez que les conditions ne sont plus remplies pour le faire pour des raisons qui m'appartiennent, (...) j'ai considéré que je ne serais plus un bon procureur de la République si tant est que j'en étais un. Et par conséquent c'est la voie que j'ai choisie de demander à ce que je puisse être déchargé de ces fonctions qui par ailleurs sont des fonctions auxquelles j'ai toujours aspiré et auxquelles je crois profondément", a ainsi expliqué Jean-Luc Lennon sur la radio guadeloupéenne.

Le ministère de la Justice a réagi auprès de l'AFP en soulignant que, lors du discours de passation, M. Dupond-Moretti avait expliqué "qu'il n'était en guerre avec personne". Le garde des Sceaux "recevra d'ailleurs prochainement les organisations représentatives des magistrats afin d'engager un dialogue constructif et apaisé", a-t-on ajouté.