"No, Non, Nein": le Premier ministre britannique Boris Johnson devrait se montrer lundi ferme et "sans concessions" envers l'UE dans un discours visant à définir les grandes lignes de la politique d'un Royaume-Uni post-Brexit, rapportent dimanche les médias britanniques.

"Brexit, Jour 1: Johnson fait le choix de la rupture avec une ligne dure" pour les négociations sur la future relation avec l'Union européenne, titre The Observer. Le Premier ministre "se prépare à lancer le Royaume-Uni dans une nouvelle bataille sans compromis avec les 27 nations restantes dans l'Union européenne", ajoute le journal dominical.

M. Johnson, grand apôtre du Brexit, doit présenter lundi les grandes lignes de sa politique pour le Royaume-Uni, sorti vendredi de l'Union européenne, clarifiant sa position sur les dernières modalités du divorce entre les deux puissances.

Car si l'histoire retiendra la date symbolique du 31 janvier 2020, tout reste encore à faire et le pays s'engage désormais dans une période de transition qui devrait durer au moins jusqu'en décembre.

Selon l'ensemble des médias, M. Johnson devrait se montrer ferme à l'égard de son ancien partenaire, faisant même craindre une nouvelle épreuve de force.

"Boris dit à l'UE: plus de concessions", titre le Sunday Express, ajoutant "le Premier ministre dit à l'Union européenne: No, Non, Nein!".

Dans son discours de lundi, le Premier ministre devrait proposer à ses anciens alliés une "offre à prendre ou à laisser", détaille l'édition dominicale du quotidien britannique, proposant à Bruxelles le choix entre un "accord de libre échange similaire à celui conclu avec le Canada ou un accord sur le modèle de celui conclu avec l'Australie".

Une source gouvernementale a par ailleurs affirmé à l'agence de presse britannique PA que Boris Johnson serait même prêt à prendre le risque d'un retour des contrôles aux frontières s'il n'y avait pas d'accord.

Ce durcissement de position est dû selon le Sunday Telegraph à des "tentatives de l'Union européenne de contrecarrer l'accord commercial" que le Royaume-Uni devait conclure avec l'Europe selon les termes évoqués dans l'accord négocié par Boris Jonhson fin octobre. Le Premier ministre s'est montré "furieux en privé", affirme le journal.

"Bruxelles a demandé au Royaume-Uni d'accorder l'accès à sa zone de pêche, de s'aligner sur les normes économiques européennes et de laisser ses frontières ouvertes à la liberté de circulation", écrit pour sa part le Sunday Express.

"Je suis sûr que l'UE voudra respecter son engagement en faveur d'un accord de libre-échange du type de celui conclu avec le Canada", a cherché à tempérer dimanche matin sur Sky News le ministre britannique des Affaires étrangères Dominic Raab.

M. Raab, qui voit cet accord comme le "meilleur de sa catégorie" et une "opportunité de faire gagnant-gagnant", a ajouté: "nous reprenons le contrôle de nos lois, ce n'est pas pour nous aligner avec les règles de l'Union européenne".