Que s'est-il exactement passé lors de l'arrestation de Farida, cette infirmière interpellée en marge des manifestations du personnel soignant mardi à Paris ?

C'est une séquence de plus de 5 minutes filmée par le journaliste Clément Lanot qui offre un nouvel éclairage sur cette interpellation polémique. On y voit, minute par minute, comment cette infirmière en blouse blanche a été interpellée mardi, alors que le personnel soignant s'était donné rendez-vous un peu partout en France après trois mois de crise du coronavirus.

Au cours de la manifestation à Paris, qui s'est terminée sur l'esplanade des Invalides, la police a procédé à 32 interpellations. Celle de Farida, maintenue au sol par plusieurs policiers alors qu'elle demandait sa "ventoline" pour son asthme, a suscité le plus de réactions sur les réseaux sociaux. D'autant qu'elle intervient dans un contexte de violences policières particulièrement tendu.


Peu avant, cette femme de 50 ans avait été filmée en train de jeter des projectiles en direction des forces de l'ordre, masque chirurgical sur le visage, tout en leur adressant quelques gestes de désapprobation. Une attitude qui a motivé les policiers à procéder à son interpellation, malgré un climat de tension extrême à cet instant. On les voit alors se ruer sur Farida, puis la protéger avec leurs boucliers en raison des nombreux projectiles jetés dans leur direction. Une fois mise hors de danger, l'infirmière a ensuite été maîtrisée par les policiers. C'est cette séquence qui a fait le tour de la Toile.

"Farida a été envahie par la colère"

Dans un communiqué, la CGT de l'hôpital Paul Brousse, où cette mère de 2 enfants est en service depuis 17 ans, a indiqué que Farida avait "immédiatement reconnu avoir été envahie par la colère à la fin de la manifestation du fait des charges policières, des gaz lacrymogènes à profusion et des provocations multiples des forces de l'ordre."

On y apprend qu'elle a été contaminée par le coronavirus. "Après trois mois de lutte acharnée contre le Covid-19 où les nuits ont été très courtes et la tension extrême, cette infirmière dévouée en gériatrie, qui ne s'est pas arrêtée même lorsqu'elle a été atteinte elle-même par le virus est harassée professionnellement, physiquement et psychiquement. Comme nombre de ses collègues, elle ne supporte plus les violences policières des manifestations, les intimidations et le mépris total de ce gouvernement envers les personnels de la santé et de l'action sociale", lit-on.

Mercredi en fin de matinée, Farida était toujours en garde à vue, a précisé le parquet de Paris au journal Le Parisien. "Des investigations sont toujours en cours. Aucune décision sur les suites n'est prise à ce stade", indiquait-on.