Dans un tweet, le ministre de l'Intérieur, qui s'était ému la veille sur Twitter d'"images choquantes" de ce démantèlement et avait demandé un "rapport circonstancié au préfet de police de Paris", a précisé que le préfet de police Didier Lallement lui avait proposé "la saisine de l'IGPN sur plusieurs faits inacceptables".


Plusieurs centaines de migrants, en errance depuis l'évacuation d'un important camp d'exilés la semaine dernière, ont monté lundi un nouveau campement dans le centre de Paris, que les forces de l'ordre ont démantelé sans ménagement dans la soirée en faisant notamment usage de gaz lacrymogène.

Très vite, des images de violences ont été relayées sur les réseaux sociaux. On y a vu des migrants sortis de leur tente par la force et des coups de matraque.

Parmi les faits soumis à l'examen de l'IGPN figurent notamment les coups reçus par un journaliste de Brut ainsi qu'un croche-pied à un migrant, a-t-on précisé au ministère de l'Intérieur.

La défenseure des Droits Claire Hédon a annoncé à l'AFP qu'elle se saisissait des faits. Plusieurs associations, parmi lesquelles Médecins du monde et le Secours catholique, ont fait part en outre de leur intention de saisir cette instance.

Des sources policières ont regretté auprès de l'AFP que cette intervention ait été menée par des policiers non spécialistes du maintien de l'ordre.

C'est la DSPAP, Direction de la sécurité publique de l'agglomération parisienne, qui a dirigé l'opération.

Un escadron de gendarmes mobiles a été engagé pour l'intervention, ainsi que des effectifs des Brigade anti-criminalité (BAC) nuit et des compagnies de sécurisation et d'intervention (CSI).

"Alors qu'ils sont vraiment très bons sur l'anti-crim', notamment en cités, ils ne sont pas les meilleurs techniquement pour le maintien de l'ordre", a dit à l'AFP un responsable policier.

L'installation des tentes était "une opération surprise", a rappelé une source policière, "le dispositif a été mené avec les effectifs à disposition".

Cette évacuation controversée intervient alors que les députés s'apprêtent mardi après-midi à voter le texte "Sécurité globale", dont une disposition prévoyant des sanctions en cas de diffusion d'images de policiers les mettant en danger, est vivement critiquée par la presse et l'opposition de gauche, notamment.