Deux personnes ont été blessées, mais leurs vies ne sont pas en danger. Deux suspects ont été interpellés par les forces de l'ordre. Le parquet antiterroriste (Pnat) a été saisi de l'enquête.

Que s'est-il passé ?

Peu avant midi, un homme muni d'un hachoir a blessé deux personnes, un homme et une femme, tous les deux âgés d'une trentaine d'années, près des anciens locaux du journal, rue Nicolas Appert, dans le XIe arrondissement de Paris.

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"Leurs vies ne sont pas en danger, dieu merci", a déclaré le Premier ministre Jean Castex lors d'un déplacement sur les lieux.


Les deux victimes sont employées par l'agence Premières Lignes, installée dans la rue. Ils étaient en "pause cigarette" lorsque l'agresseur a surgi.

"Un type est arrivé de nulle part et sans rien dire, a commencé à les frapper, ils ont hurlé et mais heureusement ils ont eu assez d'énergie pour fuir et échapper à leur agresseur", a raconté Paul Moreira.

"J'ai vu un de mes collègues, taché de sang, être poursuivi par un homme avec une machette dans la rue", a témoigné auprès de l'AFP une employée de cette société de production. Lors de l'attaque de janvier 2015, ce sont les journalistes de Premières Lignes qui avaient donné l'alerte. Cette société de production produit notamment l'émission "Cash Investigation" présentée par Elise Lucet.

Depuis l'attentat du 7 janvier 2015, au cours duquel 12 personnes avaient été tuées par les frères Kouachi, Charlie Hebdo n'occupe plus ses locaux du 11e. La rédaction a déménagé à une adresse tenue secrète.

"Vers midi, on est allé faire une pause déjeuner au restaurant. En arrivant, la patronne s'est mise à crier 'partez, partez, il y a un attentat'... On est partis en courant s'enfermer et rester à l'intérieur de notre boutique avec quatre clients", a également raconté à l'AFP Hassani Erwan, 23 ans, un coiffeur situé au coin de la rue Saint-Sabin et la rue Verte.


Qui sont les suspects interpellés ?

Peu après les faits, un homme a été interpellé à proximité de la place de la Bastille. Âgé de 18 ans, il est né au Pakistan, selon une source proche de l'affaire. Il s'agit de l'"auteur principal des faits", a déclaré Jean-François Ricard, le chef du parquet national antiterroriste (Pnat), en charge de l'enquête.

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Des perquisitions étaient en cours vendredi en fin de journée à Cergy pour vérifier la dernière adresse connue du jeune homme, dans un "hôtel-foyer", selon une source policière. Mais il n'habitait pas forcément là-bas, a précisé une autre source policière, selon qui il vivait en "itinérance".

Ce principal suspect ne présentait "aucun signe de radicalisation" pendant sa prise en charge par l'aide social à l'enfance, a indiqué le conseil départemental du Val-d'Oise. "Cet individu, qui revendiquait sa minorité, avait été pris en charge à son arrivée en France en août 2018", indique le département dans un communiqué.

Un deuxième homme, âgé de 33 ans, a également été placé en garde à vue "afin de procéder à un certain nombre de vérifications" sur "ses relations avec l'auteur principal", a dit M. Ricard.

L'information judiciaire ouverte par le Pnat pour "tentative d'assassinat en relation avec une entreprise terroriste" et "association de malfaiteurs terroriste criminelle" a été confiée à la police judiciaire parisienne et à la Direction générale de la sécurité intérieure (DGSI).

Quel est le contexte ?

L'attaque est survenue "dans un lieu symbolique", "au moment même où se déroule le procès des auteurs des actes indignes contre Charlie Hebdo", a souligné vendredi Jean Castex, qui a rappelé l'"attachement indéfectible" du gouvernement "à la liberté de la presse" et "sa volonté résolue par tous les moyens de lutter contre le terrorisme".

L'attaque survient alors que la rédaction de Charlie Hebdo fait l'objet de nouvelles menaces depuis que l'hebdomadaire a republié des caricatures de Mahomet le 2 septembre, à l'occasion de l'ouverture du procès des attentats de janvier 2015, prévu jusqu'au 10 novembre.

Après une courte suspension au procès vendredi, l'audience a repris sans aucune mention par la cour d'assises spéciale de Paris de l'attaque, selon une journaliste de l'AFP.

Le parquet antiterroriste saisi de l'enquête

Le parquet national antiterroriste (Pnat) a été saisi vendredi de l'enquête, a-t-il indiqué.

L'enquête de flagrance est ouverte pour "tentative d'assassinat en relation avec une entreprise terroriste" et "association de malfaiteurs terroriste criminelle", a-t-il précisé.

Réactions et hommages

Plusieurs personnalités et politiques ont réagi à cette attaque. Charles Michel, le président du Conseil Européen, a notamment affirmé sa "pleine solidarité avec le peuple français" sur Twitter.

Les journalistes de Charlie Hebdo ont également tenu à apporter leur soutien "aux personnes touchées".


"Extrêmement choquée par l'attaque meurtrière à proximité des anciens locaux de #CharlieHebdo, dans un arrondissement de Paris qui a déjà payé un lourd tribu à la violence terroriste", a également réagi sur Twitter la présidente de la région Île-de-France Valérie Pécresse.