Le président français Emmanuel Macron a promis mardi qu'un "combat sans relâche" serait mené "face au terrorisme islamiste", appelant les Français à "faire bloc", lors d'une cérémonie d'hommage aux quatre fonctionnaires tués par un collègue radicalisé à la préfecture de police de Paris. 

"Vos collègues sont tombés sous les coups d'un islam dévoyé et porteur de mort qu'il nous revient d'éradiquer", a lancé le chef de l'État dans un silence pesant, dans la cour de la préfecture, où Mickaël Harpon, employé comme informaticien depuis 2003, a été abattu jeudi par un jeune policier, après sept minutes d'un périple meurtrier.

Dans une allocution d'une quinzaine de minutes prononcée devant de nombreux responsables politiques, dont les membres du gouvernement, Emmanuel Macron a affirmé que "les institutions seules ne suffiront pas" à "venir à bout de l'hydre islamiste". "C'est la Nation tout entière qui doit s'unir, se mobiliser pour agir", a-t-il ajouté.

"Une société de vigilance, voilà ce qui nous revient de bâtir; la vigilance et non le soupçon qui corrode, la vigilance, l'écoute attentive de l'autre, l'éveil raisonnable des consciences", a poursuivi Emmanuel Macron, en appelant à "savoir repérer à l'école, au travail, dans les lieux de culte, près de chez soi, les relâchements, les déviations, ces petits gestes qui signalent un éloignement d'avec les lois et valeurs de la République".

Les forces de l'ordre figurent parmi les objectifs récurrents des organisations djihadistes, alors que la France a été touchée depuis 2015 par une vague d'attentats islamistes sans précédent qui a fait plus de 250 morts.

"Ce n'est en aucun cas un combat contre une religion mais contre son dévoiement qui conduit au terrorisme", a-t-il assuré dans la cour de la préfecture de police, après s'être incliné devant les cercueils des quatre victimes, recouverts d'un drapeau français.

Le ministre de l'Intérieur Christophe Castaner avait auparavant remis la Légion d'honneur, à titre posthume, aux quatre personnes tuées, trois policiers, dont une femme et un agent administratif.