A l'issue de quatre jours de garde à vue, Zaheer Hassan Mahmoud a été présenté à un juge d'instruction qui l'a mis en examen pour "tentatives d'assassinats en relation avec une entreprise terroriste" et "association de malfaiteurs" terroriste criminelle, a indiqué le parquet national antiterroriste (Pnat). Il a été placé en détention provisoire.

Lors d'une conférence de presse dans l'après-midi, le procureur national antiterroriste Jean-François Ricard avait confirmé que l'assaillant, en s'attaquant à deux salariés de l'agence Premières Lignes, visait bien "Charlie Hebdo", dont les locaux étaient situés à cet endroit, rue Nicolas-Appert (XIe arrondissement), lors de l'attentat meurtrier de janvier 2015.

L'auteur de cet attentat islamiste a déclaré aux enquêteurs avoir regardé "ces derniers jours des vidéos en provenance du Pakistan" concernant la publication et la republication début septembre par Charlie Hebdo des caricatures de Mahomet qui en avaient fait la cible des djihadistes, a ajouté le magistrat.

Selon le procureur, certains "amis" entendus par les enquêteurs ont confirmé que l'homme "regardait abondamment ces derniers temps des vidéos de Khadim Hussain Rizvi, le fondateur et dirigeant du parti Tehreek-e-Labbaik Pakistan, dit TLP", un mouvement extrémiste pakistanais. En l'état, les enquêteurs semblent penser qu'il a agi seul: les dix personnes placées en garde à vue depuis vendredi ont toutes été relâchées.

Parmi elles figuraient un frère et plusieurs ex-colocataires de l'assaillant présumé, mais aussi "Youssef", un Algérien de 33 ans un temps suspecté d'être un complice et qui a fait, au contraire, "preuve d'un grand courage en tentant d'attraper le mis en cause pour l'arrêter", selon le procureur antiterroriste.

L'information judiciaire devra déterminer "s'il a bénéficié d'un quelconque soutien", a relevé M. Ricard.