L'auteur de l'attaque au couteau qui a fait trois morts, dont au moins un égorgé jeudi dans une église du centre de Nice a dit s'appeler Brahim et être âgé de 25 ans. "Il n'est doté d'aucun papier d'identité ni de téléphone. La police technique et scientifique est mobilisée pour tenter de confirmer son identité", selon Europe 1. Il a fait trois victimes: une femme âgée de 70 ans, habituée de l'église, qui a été partiellement décapitée, un homme d'environ 45 ans, qui a été égorgé, et qui est le sacristain de la basilique, ainsi qu'une femme d'environ 30 ans, qui a succombé à ses blessures dans un bar situé à proximité.


Vers 09h00, un homme a attaqué à l'arme blanche des paroissiens qui se trouvaient à l'intérieur de la basilique Notre-Dame, en plein coeur de Nice, à quelques jours de, la fête catholique de la Toussaint, le 1er novembre, qui célèbre tous les saints de l'église.

Selon le maire de la ville, Christian Estrosi, l'alerte a été donnée par une personne qui a activé une borne de sécurité, proche de l'église, reliée à la police municipale.

Selon des sources proches du dossier, une femme a été égorgée à l'intérieur de l'église par l'auteur de l'attaque, qui a tenté de la décapiter.

Un homme a été trouvé mort, également à l'intérieur de l'église. Une femme blessée au couteau a réussi à s'enfuir pour se réfugier dans un bar tout proche où elle décèdera peu après.


L'auteur a été rapidement interpellé par des policiers municipaux et nationaux intervenus sur place, selon les premiers éléments de l'enquête. Il a été blessé par balle et transporté à l'hôpital Pasteur de la ville.

Dans un premier temps, des sources policières ont évoqué des blessés, mais en fin de matinée, le bilan de trois morts semblait définitif.

La circulation du tramway a été arrêtée dans cette zone très fréquentée. "La situation est sous contrôle il ne faut pas paniquer", a indiqué la police sur place. "Les détonations que vous entendez sont provoqués par le Raid, des services de déminage", a ajouté Florence Gavello, porte-parole de la police. "Une attaque au couteau, l'assaillant a été interpellé", a indiqué à l'AFP une porte-parole de la mairie de Nice. L'agreseur a été blessé lors de l'intervention de la police et transporté à l'hôpital, selon une source policière.

Le ministre de l'Intérieur, Gérald Darmanin, a annoncé sur Twitter la tenue d'une "réunion de crise", place Beauvau tandis que l'Assemblée nationale a décidé d'observer une minute de silence en solidarité à l'égard de la ou des victimes et de l'ensemble de ses proches.

Tout doit être fait "pour anéantir définitivement l'islamo-fascisme de notre territoire", a déclaré le maire LR de Nice Christian Estrosi. "Trop c'est trop, il est temps maintenant que la France s'exonère des lois de la paix pour anéantir définitivement l'islamo-fascisme de notre territoire", a ajouté M. Estrosi, demandant que "toutes les églises soient mises sous surveillance ou fermées, ainsi que tous les autres lieux de culte de la ville".

Le président Emmanuel Macron doit rejoindre la cellule de crise en fin de matinée. Le Premier ministre Jean Castex a quitté précipitamment l'Assemblée nationale pour s'y rendre également.

"Je ne peux que condamner avec force la lâcheté de ce geste contre des personnes innocentes", a déclaré dans un communiqué à l'AFP Abdallah Zekri, délégué général du Conseil français du culte musulman (CFCM), après cette attaque qui survient moins de deux semaines après la décapitation d'un enseignant, Samuel Paty, à Conflans-Sainte-Honorine, dans les Yvelines.

La Conférences des évêques de France (CEF) a qualifié d'acte "innommable" l'attaque au couteau et souhaité que "les Chrétiens ne deviennent pas une cible à abattre". "Nous sommes émus, très touchés et dans une sorte de sidération devant ce genre d'acte innommable", a déclaré à l'AFP le père Hugues de Woillemont, le porte-parole de la CEF. "Il y a une urgence à combattre cette gangrène qu'est le terrorisme, de la même façon qu'il y a urgence à mettre en place de manière concrète une fraternité dans notre pays", a-t-il ajouté.

La Turquie condamne "fermement" l'attaque "sauvage" de Nice.

Nice a déjà été endeuillée par un attentat le 14 juillet 2016 sur la promenade des Anglais qui avait fait 86 morts. Mohamed Lahouaiej-Bouhlel, un Tunisien de 31 ans, avait fauché au volant d'un camion de location enfants, familles nombreuses et touristes étrangers, en 4 minutes, avant d'être abattu par les forces de l'ordre.

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