Kujtim Fejzulai, sympathisant de l'organisation Etat islamique, avait semé la terreur le 2 novembre en plein coeur de la capitale autrichienne, tuant quatre personnes avant d'être abattu par la police.

Parmi les victimes, une Allemande de 24 ans, étudiante à l'Université de Vienne. Sa mère a décidé de poursuivre "les autorités autrichiennes pour n'avoir pas tout fait en leur pouvoir afin d'empêcher l'attentat", a expliqué son avocat Norbert Wess à l'AFP.

Selon le rapport d'une commission d'enquête rendu public par le gouvernement la semaine dernière, les renseignements autrichiens ont négligé plusieurs informations qui auraient pu permettre de détecter la dangerosité de l'assaillant.

La mère, qui souffre de "dépression", réclame une compensation financière de plus de 104.000 euros pour le traumatisme subi et les frais d'obsèques.

La somme de 5.800 euros, offerte par l'Etat, ne couvre même pas le coût du transport du corps en Allemagne, a précisé l'avocat, qui déplore en outre l'attitude des autorités à leur égard.

Pour obtenir cette somme, il a ainsi été demandé à la soeur de la victime de "prouver, à travers des photos et autres documents, qu'elle entretenait un lien affectif fort avec la victime", une procédure dans les règles mais contestable "dans un cas manifestement aussi tragique", selon M. Wess.

Les parents d'un jeune homme de 21 ans, décédé dans l'attentat, ont également engagé une action en justice pour des raisons similaires.

"Nous demandons réparation pour la douleur, le choc et les frais funéraires", a déclaré leur avocat Mathias Burger, contacté par l'AFP, souhaitant obtenir des indemnités supérieures à 60.000 euros. Il y a eu "de graves défaillances de la part des autorités qui justifient cette procédure".

"Nous espérons parvenir à une entente à l'amiable, sans devoir aller jusqu'au procès", a-t-il ajouté.

Une troisième plainte a également été annoncée, au nom de plusieurs blessés.