Europe

La gendarmerie portugaise a escorté lundi les premiers convois de camions-citernes pour ravitailler des centaines de stations-service déjà à sec au début d’une grève illimitée des chauffeurs de poids lourds de transport de carburant.

Les syndicats grévistes ont accusé les entreprises de transport d’avoir "soudoyé" des chauffeurs pour les convaincre de renoncer au mouvement. "Nous allons cesser de respecter les services minimums" imposés par le gouvernement, a menacé leur porte-parole, Pedro Pardal Henriques. La veille, le Premier ministre Antonio Costa avait affirmé qu’il n’hésiterait pas à réquisitionner des chauffeurs grévistes si la situation l’exigeait.

Anticipant des difficultés de ravitaillement, de nombreux automobilistes ont fait le plein avant le début du mouvement social et les ventes de carburant ont presque doublé ces derniers jours par rapport à la normale, selon le gouvernement.

Lundi matin, près de 15 % des près de 3 000 pompes du pays étaient totalement à sec et presque autant manquaient d’au moins un type de carburant, d’après un site internet rassemblant les informations fournies par les usagers.

Le gouvernement socialiste a pris une série de mesures pour limiter l’impact du mouvement en cette période estivale. Il a notamment déclaré une "situation de crise énergétique" jusqu’au 21 août, lui permettant de rationner le carburant à partir de lundi. Le volume vendu sera limité à 25 litres par voiture et 100 litres par camion.

Il a également décrété un dispositif de service minimum pour obliger les transporteurs à fournir au moins 50 % du carburant qui devait normalement être livré. 374 stations choisies par le gouvernement, dont une cinquantaine dédiées uniquement aux véhicules prioritaires, seront, elles, ravitaillées à 100 %..