"La seule chose que nous avons à faire c’est de rendre hommage”, a déclaré lundi matin Me Richard Malka, l’avocat de Charlie Hebdo, à la reprise du procès des attentats de Paris de janvier 2015. Un répit, pendant lequel la cour d’assises spéciale a exprimé son “émotion” après la décapitation de l’enseignant Samuel Paty, avant de reprendre le fil des audiences.

Ce lundi, c’était le Belge Metin Karasular qui était entendu. Le garagiste de Marchienne-au-Pont risque 20 ans de prison pour participation à une “association de malfaiteurs terroriste criminelle”, en clair avoir fourni des armes aux frères Kouachi et à Amédy Coulibaly. Deux listes d’armes ont été retrouvées dans son garage, l’une de sa main, l’autre écrite par l’inculpé Ali Riza Polat. “ C’était une vieille liste”, s’exclame-t-il, cité par France Inter. “Cela n’a rien à voir avec les attentats”. Pour la Sous-direction anti-terroriste (SDAT) française, le type d’armes en jeu – dont des lance-roquettes – permet de faire des liens avec les armes utilisées par les terroristes.

Une déposition confuse de ce Belge d’origine kurde qui affirme avoir oublié beaucoup de choses, parce qu’il fumait au moins 5 grammes d’herbe par jour. Il s’emporte quand l’assesseur l’interroge sur ses relations avec Polat et Coulibaly : “Vous croyez que je savais ce qu’ils allaient faire ces fils de pute ?”. Metin Karasular est depuis cinq ans et demi en prison et il affirme n’avoir jamais lu son dossier ; “ jamais avec un avocat”.

Des armes à “la brocante de Charleroi”

Depuis le début du procès, l’accusé a affirmé à plusieurs reprises se demander “ce qu’il faisait là”. De confession musulmane, il n'aime pas les terroristes. "Moi j'ai 6 enfants qui vont à l'école, à tout moment, il peuvent mourir dans un attentat. Ces gens-là n'ont pas de place dans notre monde, il faut les piquer, comme un chien quand il est malade", dit-il au tribunal. Il explique aussi qu’en Belgique, dans le plus grand marché de Charleroi, “on peut trouver des armes sur 5 ou 600 mètres, c’est la… comment on appelle ça ? La brocante”. Le 2 octobre, un policier de Charleroi l’avait décrit comme “quelqu’un de peu fiable et vénal”, un organisateur de jeux clandestins ayant des “contacts dans les milieux radicaux salafistes”.

Son acolyte, le Belge Michel Catino, doit être entendu ce mardi par la Cour.