Le chef d'Aube dorée Nikos Michaloliakos, négationniste et admirateur du national-socialisme, ainsi que six autres cadres du parti néonazi encourent jusqu'à quinze ans de prison.

Mais l'annonce des condamnations qui devaient être prononcées mardi a été retardée, l'un des principaux accusés ayant réclamé le remplacement des trois juges de la cour pénale.

L'eurodéputé indépendant Ioannis Lagos, ancien membre d'Aube dorée, est rentré dans le palais de justice d'Athènes lundi matin, a constaté une photographe de l'AFP, et demandé le remplacement des juges qui l'avaient reconnu coupable, selon une source judiciaire.

Devant la cour pénale d'Athènes, quelques centaines de manifestants anti-fascistes attendaient lundi le prononcé des peines. "Pas de circonstances atténuantes pour les criminels nazis", pouvait-on lire sur des banderoles brandies par les manifestants, a constaté un vidéaste de l'AFP.

Pour la troisième journée consécutive, la cour pénale d'Athènes délibérait sur les peines de prison qu'elle doit prononcer à l'encontre d'une cinquantaine de cadres et de membres du parti néonazi, qu'elle a reconnus coupables la semaine dernière de "direction" et/ou d'"appartenance à une organisation criminelle".

Après cinq ans et demi de procès, plus d'une cinquantaine de personnes ont été condamnées mercredi à l'unanimité, dont 18 anciens députés d'Aube dorée. Une dizaine des 68 accusés ont été acquittés.

C'est le meurtre d'un militant de gauche, le rappeur antifasciste Pavlos Fyssas, dans la nuit du 18 septembre 2013, qui avait choqué la Grèce en pleine crise financière et contraint les autorités grecques à poursuivre le parti néonazi, responsable de meurtres et violences contre des migrants et des militants de gauche depuis les années 90 mais qui avait bénéficié jusque là d'une quasi-impunité.

La police a interdit un appel à manifester lundi de sympathisants de l'eurodéputé Ioannis Lagos. Celui-ci a estimé la semaine dernière avoir été condamné par "une équipe tétanisée de petites gens répondant aux ordres et piétinant le droit dans tous les sens".

Le chef et fondateur du parti paramilitaire Nikos Michaloliakos a également rejeté sa condamnation la semaine dernière sur Twitter.

"Nous avons été condamnés sur nos idées", a-t-il tweeté. "Quand les immigrés illégaux sont majoritaires en Grèce, quand (le gouvernement) cède à tout devant la Turquie, quand des millions de Grecs sont au chômage dans la rue, ils se souviendront d'Aube dorée". Son compte a été ensuite suspendu par Twitter.