L'affaire fait grand bruit depuis plusieurs jours. Marc Pulvar, père de l'ancienne chroniqueuse de l'émission "On n'est pas couché" Audrey Pulvar, est accusé d'avoir violé trois cousines de la famille pendant leur enfance.

Invitée ce lundi matin sur France Inter, la candidate à la Présidence de la Région Ile-de-France a brisé le silence à propos de l'omerta dans sa famille. "Évidemment, c’est quelque chose qui est très difficile. Je suis là en tant que moi, et en tant que fille d’un pédocriminel, d’un monstre au sens actuel du mot. Quand vous êtes la fille d’un monstre, forcément vous vous demandez si vous êtes un monstre vous-même", évoque-t-elle avec beaucoup d'émotions. "C’est un processus presque automatique. Les choses sont un peu moins simples qu’elles n’y paraissent, et je ne suis pas là non plus pour répondre à mes détracteurs, dont je n‘ai pas grand-chose à faire sur ce sujet".


L'affaire a explosé la semaine dernière. Pourtant, Audrey Pulvar ne s'est pas exprimée tout de suite. Pourquoi? Sa réponse est assez claire. "Si je me suis tue, c’est parce que l'important, pour moi, c'est que les victimes puissent s’exprimer. Ce n'était pas à moi de le dénoncer. Ça n'était pas à moi de le faire", a estimé l'ex-journaliste, adjointe à la maire de Paris. "Il faut énormément de conditions pour qu'une victime arrive à parler. Et c'est à elle de parler. Ce n'est pas aux autres de dire avant elle ce qui s'est passé quand elle n'a pas demandé que les autres parlent à sa place."

Sur la radio française, elle a également déploré le traitement médiatique de l'affaire. "Mais ici, à Paris, ce n’est pas l’affaire Marc Pulvar, c’est pas la parole des victimes qu’on a entendue, c’est mon nom qui a été mis en exergue". Audrey Pulvarson a également apporté son soutien aux victimes. "À tous ceux et toutes celles qui pensent que l'action de mes cousines, qui aujourd'hui parlent à travers une lettre, c'est-à-dire 45 ans après les faits, serait une manœuvre politique, soit pour m'atteindre moi qui suis candidate, soit pour abîmer la mémoire de mon père : tous ceux-là, ils ont tort. Je suis toujours du côté des victimes", a-t-elle ajouté.

Marc Pulvar était une figure du syndicalisme martiniquais et est décédé en 2008. Elle a évidemment souligné l'importance et la gravité de l'inceste pour les enfants. "Les violences sexuelles et à l'égard des enfants sont extrêmement répandues. Ce qu'il faut faire, ce n'est pas seulement réparer ou écouter la parole des victimes, c'est faire en sorte que ça n'arrive plus. Ce sont des crimes qui détruisent profondément, tous les êtres qui sont concernés, tous ceux qui sont autour."