Avec un nouvel objectif de réduction de 68 % des émissions de gaz à effet de serre d’ici à 2030 par rapport à 1990, le Royaume-Uni souhaite "montrer l’exemple", a déclaré vendredi le Premier ministre britannique, Boris Johnson. L’ambition du pays était auparavant d’atteindre une diminution de 53 % à la fin de la décennie. Cette révision à la hausse vise à inscrire le pays sur une trajectoire lui permettant d’atteindre la neutralité carbone en 2050, impliquant une transformation majeure de l’économie britannique.

Cette annonce précède le sommet Climat organisé par l’Onu et le Royaume-Uni le 12 décembre, à l’occasion des cinq ans de l’anniversaire de l’Accord de Paris. Les Britanniques doivent également accueillir - en 2021 à Glasgow - la grande conférence de l’Onu sur le climat, la Cop26.

Coup de pression sur l’UE

"C’est beaucoup plus ambitieux que les objectifs fixés par les autres grandes économies", a souligné Boris Johnson, mettant au passage la pression sur les autres pays industrialisés, et notamment les chefs d’État et de gouvernement de l’UE qui doivent tenter de s’accorder jeudi sur un relèvement de leur propre objectif 2030 pour le porter de -40 % actuellement à au moins -55 %. Une décision compromise par l’attitude d’obstruction généralisée de la Pologne et de la Hongrie, engagées dans un bras de fer avec leurs partenaires européens sur le respect de l’état de droit.

Le gouvernement conservateur de Boris Johnson a dévoilé récemment ses projets structurés en dix axes pour une "révolution industrielle verte", censée créer et soutenir 250 000 emplois d’ici à la fin de la décennie.

Cette annonce des Britanniques "incite fortement les autres grandes économies à suivre leur exemple", a réagi Sonam P. Wangdi, qui préside le groupe des Pays les moins avancés auprès de la convention des Nations unies pour le climat. Mais "maintenant le dur labeur commence. Le Royaume-Uni doit concrétiser ses engagements par des mesures politiques et financières", a-t-il ajouté.