"Nous devons envisager des sanctions, y compris interdire à Belavia d'atterrir dans les aéroports de l'Union européenne", a tweeté le chef du gouvernement belge, tard dans la soirée de dimanche. Belavia est la compagnie nationale du Bélarus et propose des vols vers la plupart des capitales européennes.

"L'atterrissage du vol Ryanair FR4978 forcé par le Bélarus est inacceptable. Le Conseil européen (qui débute ce lundi à 19h, NDLR) doit envoyer un message clair et sans ambiguïté. Roman Protassevitch doit être libéré immédiatement", a ajouté M. De Croo.

L'avion de la compagnie Ryanair effectuait un vol entre la Grèce et la Lituanie, quand le Bélarus a envoyé un chasseur l'intercepter.

Le chef de la diplomatie européenne, Josep Borrell, avait annoncé le 10 mai que l'UE préparait de nouvelles sanctions contre le Bélarus et espère leur adoption "dans les prochaines semaines" - sanctions pour lesquelles l'unanimité des États membres est requise.

L'Union européenne a décidé fin février de prolonger jusqu'au 28 février 2022 les sanctions imposées au président du Bélarus Alexandre Loukachenko ainsi qu'aux membres de son régime impliqués dans la répression de la contestation de la présidentielle du 9 août 2020.

Quatre-vingt-huit personnes, dont Alexandre Loukachenko, et sept entités ont été sanctionnées par une interdiction de voyager dans l'UE et un gel de leurs avoirs.

L'UE a refusé de reconnaître les résultats de l'élection présidentielle qu'elle a jugée "truquée". Les actions de protestation d'une ampleur historique qui avaient suivi avaient été durement réprimées.

Malgré les sanctions européennes et américaines visant Alexandre Loukachenko et de hauts responsables de son gouvernement, le président bélarusse, soutenu par Moscou, n'a donné aucun signe sérieux de compromis face au mouvement de contestation, renforçant au contraire la répression.

Paris suggère une interdiction de l'espace aérien bélarusse

La France a quant à elle suggéré lundi une "interdiction de l'espace aérien" du Bélarus.

"Il pourrait y avoir aussi d'autres mesures (...) Je pense à une mesure qui doit se discuter au niveau européen et international, c'est l'interdiction de l'espace aérien bélarusse, qui est une mesure de sanctions", a déclaré le secrétaire d'État français aux Affaires européennes Clément Beaune sur la radio RMC.

"Je souhaite qu'on le regarde le plus rapidement possible et je pense que ce serait une des mesures raisonnables pour nous protéger", a-t-il dit.

"On a mis en danger la vie de ressortissants européens, au-delà de cet opposant", a-t-il ajouté en rappelant que l'avion ralliait deux capitales européennes, Athènes et Vilnius, et transportait de nombreux ressortissants de l'UE, dont neuf Français.

"Ca fait aussi des recettes en moins pour le régime bélarusse parce que tout survol d'un espace aérien, ce sont une partie de taxes aériennes qui reviennent" au pays concerné, a-t-il relevé.

"C'est un acte de piraterie d'Etat qui ne peut pas rester impuni", a insisté le secrétaire d'Etat.