Un millier de noms de policiers biélorusses ont été publiés en ligne via un compte Twitter d'opposants au régime du président Alexandre Loukachenko. Le but de cette "exposition virtuelle" est de faire pression sur le gouvernement pour mettre fin aux violences policières contre ceux qui manifestent contre Alexandre Loukachenko.

"On y va. Si vous tuez nos hommes et battez nos femmes, ne pensez pas que vous pouvez vous cacher pour toujours derrière vos cagoules. Les premières brutes de Loukachenko", peut-on lire sur le compte Twitter @NEXTA_tv. Le tweet contient un lien vers un document Google avec un millier de noms et dates de naissance.

NEXTA dit être en possession de presque tous les noms de membres de la police anti-émeute. Si la divulgation des mille premiers ne conduit pas au résultat escompté, d'autres noms seront publiés. L'organisation, qui appelle aux nombreuses manifestations via les réseaux sociaux, a obtenu la liste via des hackers.

Le ministère de l'Intérieur a rétorqué que les responsables de la violation de données seront trouvés et punis.

Dimanche, plusieurs dizaines de milliers de manifestants se sont à nouveau rassemblés pour défiler à Minsk pour réclamer le départ du chef de l'Etat au pouvoir depuis 1994, une mobilisation toujours très forte malgré l'arrestation ou l'exil des principaux opposants.

Vêtus de rouge et de blanc, les couleurs de l'opposition, les manifestants défilaient sur l'avenue des Vainqueurs et se dirigeaient en milieu d'après-midi vers le palais de l'Indépendance, la résidence d'Alexandre Loukachenko, dans le nord-ouest de la capitale, a constaté un journaliste de l'AFP.

Depuis la réélection contestée de M. Loukachenko, le 9 août, des manifestations d'une ampleur historique se tiennent chaque week-end pour exiger le départ du chef d'Etat, au pouvoir depuis 26 ans.

Ce dimanche, les protestataires défilaient à nouveau dans une ambiance festive, agitant de grands drapeaux rouges et blancs ou symbolisant différents quartiers de Minsk. Certains jouaient du tambour tandis que d'autres circulaient à vélo.

"Du balai!", "Game Over!" (Fin de partie, en anglais), scandaient-ils à l'attention d'Alexandre Loukachenko.

Des slogans visaient également le président russe Vladimir Poutine, soutien majeur de M. Loukachenko dans cette crise qui secoue le Bélarus depuis un mois et demi.

"Poutine, retire ta fourchette de la pomme de terre bélarusse!", ont lancé des protestataires, en référence à l'une des productions agricoles emblématiques de cette ancienne république soviétique.

Les manifestants se sont rassemblés malgré les pressions des forces anti-émeutes qui ont procédé à plusieurs arrestations dans le centre de Minsk en début d'après-midi, selon un journaliste de l'AFP.

Des interpellations ont également été signalées dans les villes de Grodno, Gomel et Brest, où plusieurs milliers de personnes étaient également dans la rue.

© AFP

La veille, la police a dispersé brutalement à Minsk une manifestation de femmes: selon le ministère de l'Intérieur, 415 personnes ont été arrêtées dans la capitale et 15 dans d'autres villes.

Au total, 385 d'entre elles ont déjà été libérées, selon cette source, qui a menacé de poursuites pénales les participants d'autres rassemblements non-autorisés.

Des images ont montré des officiers de police portant sans ménagement certains manifestantes jusqu'à des fourgons pénitentiaires.