Le mouvement de contestation sans précédent, déclenché par des soupçons de fraudes massives lors de la présidentielle du 9 août, rassemble depuis tous les dimanches des dizaines de milliers de personnes, et cela malgré la répression.

Vers 14H30, 11H30 GMT, quelques centaines de personnes ont commencé à défiler sur l'avenue des Vainqueurs, au centre de Minsk, selon des témoins. Plusieurs arrestations ont eu lieu dans le centre-ville selon l'agence russe Interfax, ce que le ministère de l'Intérieur a démenti auprès de l'AFP. Celui-ci a toutefois reconnu l'usage d'une auto-pompe pour repousser les manifestants.

La chaîne Telegram NEXTA Live qui coordonne en partie la protestation a indiqué que la manifestation était dédiée cette fois-ci aux "prisonniers politiques" et a appelé à défiler jusqu'à la prison d'Okrestina, à Minsk, où sont incarcérés plusieurs participants aux rassemblements précédents.

Des centaines de manifestants, responsables de mouvements politiques, d'organisations syndicales et de journalistes ont été arrêtés pour avoir organisé ou participé à la contestation.

Selon le centre bélarusse de défense des droits humains Viasna, le Bélarus compte aujourd'hui 77 "prisonniers politiques".

Comme chaque dimanche, les autorités bélarusses ont déployé en nombre les forces anti-émeutes, véhicules blindés, jeeps renforcées et canons à eau. Elles limitent aussi l'accès à l'internet mobile et réduisent le fonctionnement des transports en commun pour gêner la mobilisation.

Vendredi, les autorités ont aussi annulé les accréditations de l'ensemble des médias étrangers, rendant difficile la couverture des évènements dans le pays.

Jusqu'ici, les foules ont néanmoins continué de descendre dans la rue.

A Minsk, les incidents sont généralement peu nombreux mais des dizaines de personnes sont néanmoins arrêtées chaque dimanche.