Le Bélarus a envoyé dimanche un chasseur intercepter un avion de ligne à bord duquel se trouvait un militant de l'opposition qui, selon cette dernière, a été interpellé à son arrivée à Minsk par les services de sécurité du régime d'Alexandre Loukachenko.

Le média d'opposition Nexta a affirmé que son ancien rédacteur en chef Roman Protassevitch avait été arrêté après l'atterrissage d'urgence à l'aéroport de la capitale du Bélarus de cet appareil, un Boeing 737 de la compagnie Ryanair en provenance d'Athènes et avec pour destination Vilnius en Lituanie.

Le ministère bélarusse de l'Intérieur a confirmé dans un premier temps cette interpellation sur Telegram, avant de supprimer ce message, a constaté une journaliste de l'AFP.

Selon les autorités, l'avion a dévié de sa trajectoire à cause d'une "alerte à la bombe". Nexta a affirmé que l'atterrissage d'urgence avait été suscité par une "bagarre" déclenchée par des agents des services de sécurité bélarusses, présents à bord et qui affirmaient qu'un engin explosif se trouvait dans l'appareil.

L'aéroport de Minsk, cité par l'agence de presse officielle Belta, a affirmé que l'alerte à la bombe s'était révélée "erronée" après une fouille du Boeing.

Le président Alexandre Loukachenko a quant à lui donné l'ordre personnellement à un avion de chasse MiG-29 d'intercepter l'avion après cette alerte, a dit son service de presse.

L'UE appelle Minsk à laisser repartir l'avion

Les dirigeants de l'UE ont appelé de concert le Bélarus à laisser repartir l'avion, et de permettre à "tous ses passagers" de poursuivre leur voyage, fustigeant "une action complètement inacceptable". "Nous tenons le gouvernement du Bélarus responsable de la sécurité de tous les passagers et de l'appareil. TOUS les passagers doivent pouvoir poursuivre immédiatement leur voyage", a tweeté le chef de la diplomatie de l'UE, Josep Borrell, alors que Minsk a arrêté l'opposant Roman Protassevitch présent dans l'avion.


Le secrétaire général de l'Otan a lui dénoncé "un incident sérieux et dangereux" et réclamé "une enquête internationale". "Le Bélarus doit garantir le retour en sécurité de l'équipage et de tous les passagers" à Vilnius, destination initiale du vol, a indiqué Jens Stoltenberg sur Twitter. L'avion de Ryanair effectuait un vol entre la Grèce et la Lituanie, deux pays membres de l'Alliance.

La présidente de la Commission européenne Ursula von der Leyen et le président du Conseil européen Charles Michel ont eux aussi appelé le Bélarus à laisser repartir "tous les passagers".

La ministre belge des Affaires étrangères, Sophie Wilmès, a également réagi sur Twitter. "L'annonce de l'atterrissage forcé d'un avion de Ryanair à #Minsk et l'arrestation de M. Protassevich demande immédiatement clarification", a-t-elle écrit. "Tout simplement inacceptable. Nous suivons cela de très près. Aussi préoccupés par la situation des autres passagers."


De son côté, le Premier ministre polonais Mateusz Morawiecki a qualifié d'"acte de terrorisme d'Etat" l'arrestation dimanche de l'opposant bélarusse Roman Protassevitch".

M. Morawiecki a également écrit sur Twitter qu'il avait demandé au président du Conseil européen Charles Michel que l'UE discute dès lundi de "sanctions immédiates" contre le Bélarus, ajoutant que l'arrestation de l'opposant "ne peut pas rester impunie".


"Je condamne dans les termes les plus forts l'arrestation de Roman Protassevitch par les autorités bélarusses, après qu'un vol de passagers de Ryanair a été détourné. Ceci est un acte de terrorisme d'Etat criminel", a déclaré le Premier ministre polonais.

L'ancien président du Conseil européen Donald Tusk, également ex-Premier ministre polonais, a écrit sur Twitter dimanche que M. Loukachenko "est devenu une menace non pas seulement pour ses propres citoyens, mais aussi pour la sécurité internationale".

Il a appelé à "une réaction immédiate et sévère de tous les gouvernements et institutions européens".

La France, pour sa part, a réclamé une "réponse ferme et unie" des 27 Etats membres de l'UE.

"Le détournement par les autorités biélorusses d'un vol de @Ryanair est inacceptable. Une réponse ferme et unie des Européens est indispensable", a déclaré le chef de la diplomatie française Jean-Yves Le Drian sur son compte Twitter.

Le Bélarus a envoyé un chasseur intercepter l'avion de ligne à bord duquel se trouvait un militant de l'opposition, qui, selon cette dernière, a été interpellé à son arrivée à Minsk.

Le média d'opposition Nexta a affirmé que son ancien rédacteur en chef Roman Protassevitch avait été arrêté après l'atterrissage d'urgence à l'aéroport de la capitale du Bélarus de cet appareil, un Boeing 737 de la compagnie Ryanair en provenance d'Athènes et avec pour destination Vilnius en Lituanie.

Selon les autorités bélarusses, l'avion a dévié de sa trajectoire à cause d'une "alerte à la bombe".

"Peine de mort"

Roman Protassevitch est l'ancien rédacteur en chef de Nexta, un média ayant joué un rôle clé dans la récente vague de contestation de la réélection en 2020 du président Alexandre Loukachenko, qui occupe ces fonctions depuis 1994.

Fondé en 2015, Nexta ("Quelqu'un" en bélarusse) avait notamment coordonné les rassemblements à travers le Bélarus, diffusant des mots d'ordre et permettant de partager les photos et les vidéos des rassemblements et des violences.

L'arrestation du militant a été immédiatement condamnée par la figure de l'opposition bélarusse en exil, Svetlana Tikhanovskaïa. Sur Twitter, elle a assuré que le régime avait "forcé" à l'atterrissage l'avion de Roman Protassevitch qui, selon elle, "encourt la peine de mort".

L'ancienne république soviétique du Bélarus est le dernier pays en Europe à appliquer la peine capitale.