"Nous ne pouvons plus nous laisser prendre en otage par ceux qui paralysent la politique étrangère européenne avec leurs vetos. Ceux qui le font jouent, à plus ou moins long terme, avec la cohésion de l'Europe", a déclaré M. Maas, lors d'une conférence de presse à Berlin.

"Je le dis donc ouvertement: Le veto doit disparaître, même si cela signifie que nous pouvons être mis en minorité", a expliqué le chef de la diplomatie.

Les règles de l'Union européenne prévoient que certaines décisions, notamment en matière de fiscalité ou dans les questions de politique étrangère, requièrent l'unanimité des Etats membres.

De ce système découle la possibilité qu'un pays utilise son veto pour bloquer, retarder ou atténuer des prises de positions européennes.

"Parce que nous avons toujours considéré la solidarité interne et la souveraineté externe comme les deux faces d'une même médaille, nous devons maintenant, après les crises internes, faire de nouveaux progrès dans la capacité d'action de l'Europe en matière de politique étrangère", a plaidé M. Maas.

La Hongrie a ainsi régulièrement usé de son droit de veto, ces derniers mois, pour bloquer des déclarations critiques sur la Chine. Plus récemment, Budapest a aussi refusé d'apporter son soutien à une déclaration appelant à un cessez-le-feu entre Israël et les Palestiniens.

Épinglés régulièrement par Bruxelles pour leurs réformes accusées de saper les valeurs démocratiques, le Pologne et la Hongrie s'étaient également opposées, en novembre, à l'adoption du budget pluriannuel de l'UE et du plan de relance européen conçu pour aider les Etats membres à faire face à la pandémie.

Selon le ministre allemand, revenir à un principe de majorité lors d'un vote entre Etats membres permettrait d'éviter la menace d'une "Europe à deux vitesses".