"Israël a le droit de se défendre contre ces attaques dans le cadre de la légitime défense", a affirmé Steffen Seibert, précisant que le gouvernement allemand condamnait "fermement ces attaques persistantes à la roquette depuis la bande Gaza sur les villes israéliennes".

L'objectif de ces attaques est, selon lui, "de tuer des gens sans discernement et arbitrairement", a-t-il également insisté, soulignant que ces agressions "devaient cesser".

"Il reste impératif que les deux parties mènent un dialogue pour parvenir à une solution pacifique à ce conflit", a encore dit M. Seibert.

"Rien ne justifie cette violence", selon lui.

Le porte-parole du ministère des Affaires étrangères, Christofer Burger, a jugé de son côté que les attaques du Hamas n'avaient "absolument rien à voir avec de la légitime défense".

Mardi soir, des drapeaux de l'Etat hébreu ont été brulés devant deux synagogues à Bonn et à Münster, deux villes allemandes.

Le Conseil central des juifs d'Allemagne a réclamé une meilleure protection des institutions juives dans le pays alors que le chargé des questions d'antisémitisme du gouvernement, Felix Klein, jugeait "alarmant" que ces drapeaux israéliens aient été brûlés.

"La protection des institutions juives doit maintenant être renforcée", a estimé la principale organisation représentative des juifs d'Allemagne, dans un communiqué. "La menace pour la communauté juive croît (...) Nous attendons de la solidarité envers Israël et la communauté juive des citoyens allemands en particulier", a-t-elle ajouté.

"Les expériences de la guerre à Gaza en 2014 montrent qu'il faut tabler ici aussi avec une hausse des délits", a souligné de son côté Felix Klein dans plusieurs journaux.

"Israël et les juifs dans leur ensemble subissent la haine et l'incitation (à la haine), notamment dans les médias sociaux", a également estimé le Conseil central.

A Münster, une enquête a été ouverte concernant 13 hommes soupçonnés d'avoir incendié un drapeau, a annoncé la police qui avait été alertée par plusieurs témoins affirmant qu'un groupe de personnes riait et brûlait ce drapeau devant l'édifice religieux.

Le président de la communauté juive de cette ville de Rhénanie du Nord-Westphalie s'est dit "abasourdi par ce qui s'est passé" et le président de la Conférence épiscopale allemande, Georg Bätzing a vu dans ces attaques "de l'antisémitisme pur qui n'est en rien justifiable".

A Bonn, l'entrée d'une synagogue a été endommagée par des jets de pierre et les enquêteurs ont découvert sur place un drapeau brulé et une feuille de papier "avec des lettres vraisemblablement en arabe", selon la police. Trois personnes ont été interpellées.

Lundi soir, la police de Düsseldorf avait déjà été alertée alors que des inconnus tentaient d'allumer un feu sur une pierre commémorative rappelant la présence jadis d'une synagogue à cet endroit.

L'Allemagne s'inquiète d'une résurgence de l'antisémitisme en particulier suscitée par l'extrême droite, notamment depuis un attentat manqué contre une synagogue à Halle en octobre 2019 perpétré par un extrémiste adepte de thèses révisionnistes.

La communauté juive, en pleine renaissance depuis la Réunification allemande et l'arrivée de centaines de milliers de juifs de l'ex-Union soviétique, avait également pointé du doigt l'antisémitisme prévalant dans certains cercles musulmans notamment après l'arrivée de réfugiés en 2015 et 2016 venus de pays arabes hostiles à Israël.