"Nous nous sommes entendus avec lui (Vladimir Poutine): dès notre première demande, une aide complète sera fournie (par la Russie) pour assurer la sécurité du Bélarus", a affirmé M. Loukachenko, cité par l'agence publique Belta, après que les deux dirigeants se furent entretenus par téléphone.

Le président bélarusse, confronté à la plus grande vague de protestation depuis son arrivée au pouvoir en 1994, a évoqué un accord militaire liant son pays à Moscou via l'Union de la Russie et du Bélarus, une alliance intergouvernementale, et l'Organisation du traité de sécurité collective (OTCS).

"Quand il est question de la dimension militaire, nous avons un accord avec la Fédération russe dans le cadre de l'Union (de la Russie et du Bélarus) et de l'OTCS", a souligné M. Loukachenko. "C'est pour cela que j'ai eu aujourd'hui une conversation longue et approfondie avec le président russe sur la situation", a-t-il ajouté.

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Après cette conversation téléphonique, le Kremlin s'est dit "confiant" que la crise politique dans le pays trouverait une solution prochaine.

Les deux dirigeants ont également convenu de poursuivre le "renforcement" de l'Union de la Russie et du Bélarus.

Plus tôt dans la journée, le président Loukachenko a dit faire face à une "révolution de couleur" - le nom donné à plusieurs soulèvements dans l'ex-URSS ces 20 dernières années - avec des "éléments d'interférence extérieure."

Depuis dimanche, des dizaines de milliers de manifestants contestent la réélection d'Alexandre Loukachenko, dénonçant des fraudes massives et la violente répression du pouvoir.

Le pouvoir bélarusse a reçu le soutien de Moscou qui a dénoncé des tentatives d'"ingérence étrangère" visant à déstabiliser le Bélarus, un allié historique de la Russie, malgré des tensions récurrentes entre les deux pays.

Le président Loukachenko avait notamment accusé la Russie de vouloir réduire son pays à l'état de vassal et de s'ingérer dans le scrutin du 9 août en faveur de ses adversaires. Dans un geste d'apaisement, Minsk a néanmoins renvoyé cette semaine en Russie 32 "mercenaires" accusés d'avoir voulu déstabiliser le Bélarus.