Dans un rapport de plus de 200 pages, les experts de Moneyval, un organe du Conseil de l’Europe, ont adressé une note "positive" au Saint-Siège concernant ses progrès actés dans la lutte contre le blanchiment d’argent. Moneyval note entre autres les efforts visant à garantir "une coopération internationale constructive" dans les domaines du blanchiment de capitaux et de financement du terrorisme. "Il existe un programme rigoureux de surveillance des transactions", ont ainsi jugé les inspecteurs du Conseil de l’Europe. Depuis dix ans, et la demande du Saint-Siège d’intégrer l’évaluation de Moneyval, les efforts de Benoît XVI puis de François semblent donc payer.

Une justice trop peu armée

Les experts pointent néanmoins deux bémols. Pour eux, le Saint-Siège sous-estime les risques de blanchiment en interne de ses institutions. De manière plus sévère, l’organe pointe le système judiciaire du Vatican. Il le juge lent, maigrichon et peu armé face aux délits financiers. Il recommande par conséquent aux services judiciaires du pape de recruter davantage de procureurs ayant une expérience pratique en matière de crimes financiers complexes et de renforcer son unité d’enquêteurs financiers. Il demande aussi une meilleure procédure pour poursuivre des cardinaux et des évêques, au sommet de l’Église.

De surcroît, l’inspection de Moneyval, qui a eu lieu à l’automne, avant un jugement rendu contre un ex-président de la Banque du Vatican, a conclu que les peines prononcées par la justice vaticane sont "plutôt minimales" et "pas dissuasives".

Notons aussi que depuis le début de l’année, le pape a publié une nouvelle loi anticorruption pour les cadres du Vatican, réformé son droit canonique et procédé à plusieurs engagements en matière de justice. Dans un communiqué, le Saint-Siège a donc dit "accueillir avec satisfaction le rapport et l’encouragement à poursuivre sur la voie empruntée".