L'opération de charme du Premier ministre britannique s'est retournée contre lui, lorsque Boris Johnson s'est rendu en Ecosse pour promouvoir l'unité du Royaume-Uni.

Le quotidien britannique "The Sun" rapporte en effet que des citoyens ont dénoncé BoJo à la police pour avoir fait un voyage qu'ils jugent "non-essentiel".

Cependant, la police écossaise a décidé de ne pas retenir ces plaintes. "Nous avons reçu un petit nombre de plaintes concernant la visite de Boris Johnson en Écosse", a annoncé un porte-parole de la police, "il s'agit d'une visite de travail en sa qualité officielle de Premier ministre et nous surveillons l'événement de manière appropriée".

"Restez à la maison. Sauvez des vies."

Plusieurs mandataires politiques locaux ont également critiqué ce voyage en pleine épidémie, alors que le pays vient de passer le cap des 100.000 décès dus au coronavirus.

Le parti indépendantiste écossais SNP a partagé sur son compte Twitter une photo du Premier ministre descendant de son avion, accompagné du message : "Restez à la maison. Protégez le système de santé publique (NHS). Sauvez des vies".


La cheffe de la formation, la Première ministre écossaise Nicola Sturgeon, a également jugé que ce déplacement n'était "pas essentiel", en pleine pandémie.

Pour le porte-parole de Boris Johnson cependant, il est "fondamental" que le Premier ministre "aille voir des entreprises, des communautés et des gens" malgré le confinement en vigueur. Le principal intéressé a quant à lui défendu sa visite en "sa fonction de Premier ministre de l'entièreté du Royaume-Uni" et a appelé à éviter "les disputes inutiles".

La question lancinante du référendum

Nicola Sturgeon plaide depuis des mois pour la tenue d'un nouveau référendum d'autodétermination, qu'elle souhaite organiser après la pandémie s'il y a une majorité indépendantiste au Parlement écossais à la suite des élections locales de mai. Les sondages donnent son parti, le SNP, largement gagnant.

Elle invoque notamment le Brexit, survenu contre la volonté de 62% d'Ecossais, comme argument pour se détacher du Royaume-Uni. Elle espère que l'Ecosse, une fois indépendante, puisse rejoindre à terme l'Union européenne.
La gestion de la pandémie a aussi contribué au mécontentement des électeurs. Selon un sondage Panelbase publié par le Sunday Times dimanche dernier, 61% des Ecossais estiment que Nicola Sturgeon a fait du "bon travail" face à cette crise, contre seulement 22% d'évaluations positives pour Boris Johnson.

La décision d'organiser un nouveau référendum revient à Boris Johnson, qui refuse fermement, soulignant que les Ecossais ont déjà voté à 55% en 2014 pour rester au sein du Royaume-Uni. Les sondages réalisés ces derniers mois donnent l'indépendance majoritaire.