Dans un discours prononcé au congrès annuel du Parti conservateur qu'il dirige depuis plus d'un an, le Premier ministre britannique, critiqué pour sa gestion de la pandémie, a assuré vouloir que son pays devienne le leader mondial "de la production d'énergie verte bon marché, moins chère que le charbon et le gaz".

Il a fixé comme objectif que l'éolien offshore alimente en énergie tous les foyers britanniques d'ici à 10 ans.

"Ce que l'Arabie saoudite est au pétrole, le Royaume-Uni l'est pour le vent: un endroit où les ressources sont disponibles presque sans limite mais dans le cas du vent sans émissions carbone, sans les dégâts à l'environnement", a-t-il plaidé.

Pour y arriver, il a annoncé un investissement de 160 millions de livres sterling (176 millions d'euros) pour construire la "prochaine génération de turbines" et des éoliennes flottantes - des "moulins à vent qui flottent sur la mer" selon ses termes.

Ces éoliennes flottantes représentent une technologie de pointe encore en phase de développement, qui doit permettre d'accéder à des zones marines plus profondes mais surtout plus venteuses.

L'investissement dans l'éolien offshore contribuera selon lui à créer 60.000 emplois et à atteindre l'objectif d'un bilan carbone neutre à l'horizon 2050, critiqué comme étant trop lointain par les associations écologistes.

Pays le plus endeuillé en Europe par la pandémie avec plus de 42.000 morts, le Royaume-Uni est aussi le pays du continent ayant subi la plus forte contraction économique avec une chute de 19,8% du PIB au deuxième trimestre.

Le leader conservateur, en difficulté dans les sondages et espérant galvaniser ses troupes, a vanté la "révolution industrielle verte" qui dans la décennie "va créer des centaines de milliers, si ce n'est des millions d'emplois".

Pendant la campagne des élections de décembre dernier, qu'il a remportées haut la main, il avait relevé l'objectif de production d'électricité éolienne en mer à 40 gigawatts (GW) d'ici 2030, contre près de 10 actuellement.

L'opposition travailliste a jugé ces objectifs ambitieux mais "inutiles sans plan digne de ce nom comprenant des propositions pour y arriver".

Unite, le premier syndicat britannique, a relevé que les annonces du gouvernement faisaient "pâle figure comparées aux sommes importantes investies" par la France ou l'Allemagne.

Boris Johnson ne s'était pas toujours montré si enthousiaste concernant cette source d'énergie.

En 2013, alors maire de Londres, il avait dit préférer le gaz de schiste, dont l'extraction a depuis été interdite au Royaume-Uni, et raillé l'éolien comme incapable de soulever la pellicule se formant sur un riz au lait.