Ce ne sont pas des manières de procéder et nous ne nous laisserons pas faire. C’est le message que le vice-président de la Commission européenne Maros Sefcovic a adressé au Britannique Michael Gove, chancelier du Duché de Lancaster, jeudi à Londres, lors de la réunion d’urgence du comité mixte UE/Royaume-Uni. L’Union ne décolère pas que le gouvernement britannique ait déposé mercredi un projet de loi remettant en cause des dispositions du protocole sur l’Irlande et l’Irlande du Nord, partie de l’accord de retrait entré en vigueur le 1er février. "Ni l’UE ni le Royaume-Uni ne peuvent unilatéralement changer, clarifier, amender, interpréter, ignorer ou ne pas respecter" cet accord, insiste la Commission, évoquant une violation sérieuse du droit international et une rupture de confiance. Dans un communiqué inhabituellement musclé, la Commission a accusé Londres d’avoir sérieusement endommagé la confiance entre les deux parties. Par la voix de M. Sefcovic, l’Union exige que Londres le retire "dès que possible" et "en tout cas avant la fin du mois". Sans cela elle utilisera les recours juridiques à sa disposition - la Cour de justice de l’UE ou le mécanisme d’arbitrage prévu par l’accord de retrait. L’Union is not amused, Londres is not impressed. "J’ai clairement expliqué au vice-président de la Commission que nous ne retirerons pas ce projet de loi", a déclaré M. Gove, après la réunion du comité mixte.

Pas de progrès dans les négociations

Parallèlement, dans la même ville, s’achevait le 8e round de négociations de la future relation entre les deux parties. L’UE, assure son négociateur en chef Michel Barnier, "a fait preuve de flexibilité vis-à-vis des lignes rouges britanniques et pour trouver des solutions qui respectent pleinement la souveraineté du Royaume-Uni". Reste que dans des domaines essentiels pour l’UE comme une relation commerciale basée sur une concurrence loyale et de la pêche, les divergences sont significatives, a regretté le Français. "Nous sommes déterminés à travailler dur pour conclure un accord d’ici la mi-octobre (la date limite fixée par le Premier ministre Johnson, NdlR)", a répliqué son homologue britannique David Frost. Nombreux sont ceux qui, dans l’Union, doutent de la volonté des Britanniques de parvenir à un accord. L’UE, a indiqué M. Barnier, "intensifie ses travaux de préparation pour être prête pour n’importe quel scénario au 1er janvier 2021", lendemain de la fin de la période de transition. Comprendre : préparez-vous à l’impact d’un no deal.