La violence des débats autour du Brexit n'est pas nouvelle. Mais les propos et les conséquences se font de plus en plus inquiétants. La semaine dernière, la députée travailliste Paula Sherriff a même dénoncé les attaques "incendiaires" et les menaces de mort qu'elle aurait reçu. Des attaques que Boris Johnson a pour sa part qualifié de "foutaises".

"C'est ce qui arrive à ceux qui ne font pas le Brexit"

Jess Phillips, une autre députée travailliste, a elle aussi dénoncé les violence dont elle est victime. "Être retrouvé mort dans un fossé. C'est ce qui arrive à ceux qui n’œuvrent pas en faveur du Brexit", peut-on lire dans des menaces qu'elle a relayées sur Twitter.

Aussi bien du côté des travaillistes que des conservateurs, les députés et leurs entourages disent craindre, eux, un nouveau drame similaire à l'assassinat de Jo Cox. Cette travailliste pro-européenne avait été assassinée en 2016, peu de temps avant le référendum. Si les raisons qui ont poussé le meurtrier à passer à l'action ne sont pas totalement claires, l'assassinat reste symbolique des dangers encourus par la classe politique britannique.

Ellie Cooper, fille de la députée travailliste Yvette Cooper, a d'ailleurs confié sur Twitter son "effroi" lorsqu'elle lit les commentaires sur les réseaux sociaux traitant sa mère de "menteuse" et de "traîtresse". La jeune femme a aussi expliqué que sa maison avait été équipée de "panic buttons" et de portes blindées.

Évoquant l'assassinat de Jo Cox, elle a dit "craindre chaque jour que la même chose arrive à sa mère".


"Un modèle de retenue"

Alors que le congrès annuel des conservateurs se tenait ce dimanche, Boris Johnson a déclaré sur la BBC qu'il était un "modèle de retenue". Pourtant, les critiques fusent de toutes parts, dénonçant son manque de respect et la virulence de certains de ses propos, lui qui n'hésite pas à utiliser un vocabulaire fort et accuse ses ennemis de traîtrise. John Bercow, le speaker de la Chambre des Communes, avait pour sa part dénoncé la toxicité des débats et dit qu'il n'avait jamais vu ça en plus de vingt ans de carrière.

Julian King, le commissaire européen britannique, est d'ailleurs sorti de son habituelle retenue pour fustiger les propos "grossiers et dangereux" de Boris Johnson la semaine dernière.