La ministre irlandaise de la Justice Helen McEntee a réfuté dimanche les accusations du dirigeant britannique Boris Johnson selon lesquelles l'Union européenne menaçait d'instaurer un blocus en Irlande du Nord, à l'issue d'une semaine de tensions entre Londres et Bruxelles.

"Ce n'est tout simplement pas le cas", a réagi Helen McEntee sur Sky News alors que les discussions autour d'un accord post-Brexit se sont envenimées cette semaine, "toute insinuation selon laquelle cela va créer une nouvelle frontière est tout simplement fausse".

Dans une tribune publiée samedi au sein du journal britannique Daily Telegraph, le Premier ministre Boris Johnson avait défendu son intention de revenir en partie sur l'accord du Brexit, en arguant qu'il y était contraint face à la "menace" que l'UE instaure un "blocus" en Irlande du Nord grâce à une "interprétation extrême" du texte, en empêchant des produits alimentaires du Royaume-Uni d'y entrer.

"Je dois dire que nous n'avons jamais sérieusement cru que l'UE serait capable d'utiliser un traité, négocié de bonne foi, pour instaurer un blocus sur une partie du Royaume-Uni ou qu'ils menaceraient réellement de détruire l'intégrité économique et territoriale du Royaume-Uni", avait-il écrit.

Helen McEntee a rappelé que les dispositions relatives à l'Irlande du Nord dans le traité qui codifie le retrait du Royaume-Uni de l'UE ont été acceptées par les deux parties afin de garantir une concurrence loyale après Brexit. Elles veulent aussi éviter le retour d'une frontière physique sur l'île d'Irlande, ensanglantée par trois décennies de "Troubles" jusqu'à la signature de l'accord de paix du Vendredi saint en 1998.

Le traité "garantit également l'intégrité de l'Irlande du Nord en tant que partie intégrante du Royaume-Uni", a affirmé la ministre irlandaise, il "garantit que nous ne verrons pas réapparaître une quelconque frontière".

"Il est temps pour le gouvernement britannique de prendre ses responsabilités"

"Il est temps pour le gouvernement britannique de prendre ses responsabilités", a déclaré dimanche le président du Conseil européen, Charles Michel, représentant les 27 de l'UE, après un entretien téléphonique avec le Premier ministre irlandais Micheal Martin. Le gouvernement britannique a présenté mercredi au Parlement un projet de loi qui contredit en partie l'accord déjà signé encadrant sa sortie de l'UE - une manœuvre violant le droit international, du propre aveu du Premier ministre Boris Johnson, qui souhaite néanmoins entamer dès lundi l'examen de son projet à la Chambre des communes, où il dispose d'une majorité de 80 sièges.