Malgré le dépassement du délai de dimanche minuit au-delà duquel il ne voyait pas comment ratifier un éventuel accord post-Brexit avant le 31 décembre, le Parlement européen reste disposé à envisager comment minimiser les perturbations pour les citoyens et les entreprises, a indiqué lundi le chef des eurodéputés en charge du Brexit, l'Allemand David McAllister.

Le Parlement européen ne sera pas en état de donner son feu vert à un éventuel accord cette année encore, avait confirmé M. McAllister dès dimanche soir, alors que les pourparlers se poursuivaient lundi à Bruxelles. Son compatriote Manfred Weber, président du PPE (le plus grand groupe politique de l'assemblée), n'a pas dit autre chose: "Il est maintenant impossible pour le Parlement d'évaluer un accord avant la fin de l'année. Nous n'approuverons aucun texte, c'est trop important", a-t-il affirmé sur Twitter.

Européens et Britanniques cherchent toujours à s'entendre sur leurs relations post-Brexit, essentiellement commerciales, alors que se rapproche la date du 31 décembre à laquelle le Royaume-Uni sortira du marché unique européen et de l'union douanière. La pêche reste le principal écueil, tandis que des avancées ont été engrangées ces derniers jours sur de futures règles de concurrence loyale.

Le Parlement européen avait averti que, sans accord pour ce dimanche 20 décembre à minuit, il n'aurait plus suffisamment de temps pour analyser correctement cet accord et se prononcer en toute connaissance de cause.

Ce lundi, le maire de Londres, le travailliste Sadiq Khan, a appelé le gouvernement du conservateur Boris Johnson à prolonger la période de transition qui arrive à échéance ce 31 décembre. Il invoquait la nécessité de préserver les chaînes d'approvisionnement, surtout en cette période où la nouvelle variante du coronavirus perturbe encore plus les transports. Mais cet appel a été balayé par le gouvernement britannique. Pour le ministre des Transports Grant Shapps, prolonger la période de transition ne ferait qu'ajouter de l'incertitude, alors que les entreprises ont surtout besoin, selon lui, d'être bien préparées.

De son côté, "le Parlement européen a fait tout son possible pour être en mesure d'accorder son consentement avant la fin de la période de transition", a fait valoir David McAllister. Néanmoins, l'assemblée "s'engage à prendre toute mesure qui minimise les perturbations pour nos citoyens et nos entreprises", a-t-il ajouté. Il doit encore rencontrer le président du Parlement David Sassoli "pour discuter des prochaines étapes possibles."

Un accord conclu à la dernière minute pourrait entrer provisoirement en vigueur au 1er janvier, avec un vote ultérieur du Parlement européen. Une option que réprouvent les eurodéputés, dont le pouvoir d'appréciation serait ainsi fortement limité.

Selon plusieurs sources européennes, un tel cas de figure n'est techniquement possible que si un compromis est trouvé avant Noël, sans quoi un "no deal", au moins pour quelques jours, serait inévitable. Les échanges entre l'UE et Londres se feraient alors selon les règles de l'Organisation mondiale du commerce (OMC), synonymes de droits de douane et de quotas, avec de lourdes conséquences pour des économies déjà secouées par la pandémie.