Ce plan sera détaillé lundi après-midi devant les députés par le ministre de la Défense Ben Wallace, près d'une semaine après la décision du Royaume-Uni d'augmenter le plafond de son arsenal nucléaire, une première depuis la chute de l'Union soviétique.

Cette annonce controversée était intervenue au terme de la revue stratégique du gouvernement en matière de sécurité, de défense et de politique étrangère, la première depuis la sortie complète du pays de l'Union européenne début janvier.

Dans le journal The Telegraph dimanche, le ministre de la Défense Ben Wallace a écrit que les forces armées devaient s'adapter aux menaces qui avaient "changé au point d'être méconnaissables" ces 30 dernières années.

"Nous ne pouvons plus tenir pour acquise la supériorité des forces occidentales. Nos ennemis ont infiniment plus d'options", a-t-il déclaré. "Nous nous retrouvons constamment confrontés dans une +zone grise+ - des actions agressives en dessous du seuil de conflit ouvert".

Il a annoncé des investissements supplémentaires pour "le renseignement, la surveillance et la reconnaissance, pour la guerre électronique, pour les capacités de frappe ainsi que pour des capteurs améliorés et des mesures défensives".

Selon les médias britanniques, le projet prévoit toutefois une nouvelle réduction de la taille de l'armée avec 10.000 soldats de moins pour atteindre environ 70.000, parallèlement à un accroissement des investissements dans des technologies comme des robots et des drones ainsi que les "cyber-guerres".

Dans un communiqué, le ministère de la Défense a annoncé prévoir de disposer de "davantage de navires, de sous-marins, de marins" et la transformation des Royal Marines dans une nouvelle unité baptisée "Future Commando Force (FCF)".

La FCF sera chargée de "protéger les voies de navigation et maintenir la liberté de navigation" et recevra plus de 200 millions de livres (232 millions d'euros) d'investissements directs au cours de la prochaine décennie.

Un nouveau navire de surveillance de la Royal Navy entrera en outre en service d'ici 2024 avec un équipage d'environ 15 personnes, destiné à protéger les câbles sous-marins britanniques et d'autres infrastructures.

D'après le ministère de la Défense, sur terre sera déployée une brigade d'opérations spéciales "capable d'opérer discrètement dans des environnements à haut risque et d'être rapidement déployable à travers le monde".

Au cours des quatre prochaines années, 120 millions de livres seront investis dans cette unité.

Parallèlement, une autre brigade sera créée, la Brigade d'assistance aux forces de sécurité, destinée à fournir des conseils et une formation aux pays partenaires allié.

En novembre, le Premier ministre conservateur Boris Johnson avait annoncé un investissement dans la défense d'un montant sans égal depuis 30 ans, avec l'ambition de devenir "la première puissance navale en Europe".

Il avait fait état de dépenses supplémentaires de 24,1 milliards de livres (28 milliards d'euros) sur quatre ans par rapport au budget de 2019. Ainsi, le Royaume-Uni compte investir 190 milliards de livres (221 milliards d'euros) dans la défense dans les quatre années qui viennent, soit 2,2% de son PIB.