"Johnson nous avait promis les droits sur tout le poisson de notre zone économique exclusive, mais nous n'en recevons qu'une partie", a déclaré Andrew Locker, l'un des dirigeants de la fédération britannique des organisations de pêcheurs (NFFO), sur les ondes de la radio BBC 4.

L'accord post-Brexit prévoit une période de transition jusqu'à l'été 2026 pour renoncer à 25% des captures européennes, qui s'élèvent en valeur à environ 650 millions d'euros par an, et une renégociation annuelle au terme de cette période.

Les pêcheurs de l'UE conserveront jusqu'à cette date un accès garanti aux zones situées dans les 6-12 milles marins au large des côtes britanniques (eaux territoriales) où ils se rendaient traditionnellement.

Andrew Locker rappelle que Boris Johnson avait promis qu'aucun pêcheur britannique ne subirait de conséquence négative de l'accord post-Brexit. "Je suis fâché, déçu et je me sens trahi. Ce que nous avons maintenant n'est qu'une partie de ce qui nous avait été promis avec le Brexit. Nous allons vraiment avoir du mal l'an prochain."

"On en ressort moins bien, absolument. Lorsqu'on était dans l'UE, on commerçait le poisson avec l'UE: on avait l'habitude d'échanger des choses que nous n'utilisions pas contre du poisson qu'ils n'utilisaient pas et cela nous permettait d'élaborer un plan de pêche annuel", expose l'industriel.

Michael Gove, ministre chargé de coordonner l'action du gouvernement britannique, a assuré pour sa part que le Royaume-Uni se trouverait dans une "position plus forte" que lorsqu'il appartenait à l'Union européenne.

"Dans le cadre de la politique commune de la pêche, nous ne pouvions accéder qu'à environ 50% des poissons de nos eaux. Nous allons désormais augmenter significativement ce chiffre, et nous aurons d'ici 2026 environ les deux tiers des prises dans nos eaux", a déclaré M. Gove lundi à la BBC.

"Ce processus progressif nous donne une chance d'augmenter la taille de la flotte, d'investir dans nos communautés côtières et, bien sûr, en temps voulu, nous aurons l'opportunité d'augmenter encore davantage ce quota", a-t-il ajouté.

Samedi, la Première ministre écossaise Nicola Sturgeon, cheffe de file des indépendantistes du SNP, s'en était aussi prise au gouvernement conservateur de Boris Johnson, accusé d'avoir "de nouveau trahi les pêcheurs écossais". "Les promesses qu'ils savaient ne pouvoir tenir ont été rompues", avait-elle déclaré sur Twitter.