Le Britannique David Frost est arrivé peu avant à 16h00 (14h00 GMT) à la Commission européenne où l'attendait le Français Michel Barnier, au moment où la crainte d'un "no deal" sur la relation post-Brexit semble plus forte que jamais. Il en est reparti deux heures plus tard sans prononcer un mot.

Peu avant cette rencontre, le porte-parole de l'exécutif européen, Eric Mamer, avait rejeté les accusations du Premier ministre britannique. Boris Johnson soutient que Bruxelles ne négocie pas de bonne foi et menace de "blocus" alimentaire les échanges entre l'Irlande du Nord et la Grande-Bretagne si aucun accord n'est conclu au terme de la période de transition, fin 2020.

"Michel Barnier a montré (...) que même sur des questions extrêmement complexes et politiquement sensibles, la Commission et l'UE négocient en toute bonne foi", a-t-il protesté.

"L'UE ne menace pas l'approvisionnement alimentaire de l'Irlande du Nord", a ensuite martelé un autre porte-parole sur Twitter.

"Nous nous sommes engagés à mettre en oeuvre fidèlement le protocole" destiné à éviter le retour d'une frontière entre l'Irlande et l'Irlande du Nord, mais que le Royaume-Uni menace de remettre en cause, a-t-il ajouté.

M. Johnson refuse de revenir sur un projet de loi controversé qui, de l'aveu même du gouvernement britannique, enfreint le droit international. Le texte revient sur certains engagements pris dans l'accord de retrait scellant le départ britannique, signé en janvier, dont le protocole irlandais.

Cette menace complique un peu plus les négociations menées en parallèle sur la future relation, déjà dans l'impasse.

Furieux, les Européens ont donné à Londres jusqu'à la fin du mois pour retirer les dispositions problématiques, un ultimatum rejeté par les Britanniques.

"La décision de revenir sur l'accord de retrait est, tant sur le fond que sur la forme, très problématique", a jugé le ministre français délégué au Commerce extérieur, Franck Riester, qui a rencontré jeudi Michel Barnier.

"Ce type d'attitude n'appelle pas à un optimisme débordant", a-t-il ajouté, notant cependant qu'il fallait "essayer de ne pas trop réagir à ce que dit Boris Johnson, mais à ce qu'il fait."

Le prochain cycle officiel de négociations, qui implique des centaines d'experts discutant des sujets les plus épineux, doit avoir lieu à Bruxelles la semaine du 28 septembre.

Le Royaume-Uni, qui a officiellement quitté l'UE le 31 janvier, continue d'appliquer les règles européennes jusqu'au 31 décembre, une période de transition pendant laquelle Londres et Bruxelles espèrent s'entendre sur un accord commercial régissant leur future relation.