Le chef du Parti du Brexit Nigel Farage a jugé jeudi que le nouvel accord de divorce trouvé entre l'Union européenne et le Royaume-Uni "n'est pas un Brexit".

"L'engagement d'alignement réglementaire dans cet accord signifie que le +nouvel accord+ n'est pas un Brexit", a twitté Nigel Farage au sujet de ce nouveau texte, qui doit encore être approuvé par le Parlement britannique.


Le parti unioniste nord-irlandais DUP, allié clé des conservateurs, et le chef des travaillistes, principale formation d'opposition, ont rejeté jeudi l'accord de Brexit obtenu à Bruxelles, rendant son approbation au Parlement très incertaine.

Le communiqué publié au petit matin par le DUP, qui faisait état de l'opposition de cette formation au compromis en préparation, "reste notre position", a indiqué à l'AFP une source au sein du DUP.

Ce parti eurosceptique et ultraconservateur ne dispose que de dix députés. Son soutien est pourtant crucial, d'une part parce que le Premier ministre Boris Johnson n'a pas de majorité et d'autre part parce que leur feu vert était jugé clé pour convaincre la cinquantaine de "Brexiters" les plus durs du parti conservateur, réunis dans le groupe ERG. Le DUP a fait savoir qu'il ne soutiendrait pas l'accord au Parlement.

Le chef des travaillistes Jeremy Corbyn a, de son côté, d'emblée annoncé qu'il ne voyait pas le "deal" d'un bon oeil, le qualifiant d'"encore pire" que celui qui avait été négocié par Theresa May et avait par trois fois été rejeté par les députés de la Chambre des Communes.

L'accord annoncé à Bruxelles "ne rassemblera pas le pays et doit être rejeté. La meilleure façon de résoudre le Brexit est de donner à la population le dernier mot lors d'un vote populaire", a-t-il déclaré dans un communiqué.

Ces annonces constituent deux revers importants pour le gouvernement qui n'a plus de majorité au Parlement, après l'exclusion de 21 députés rebelles du Parti conservateur.

Le Premier ministre britannique a assuré sur Twitter être parvenu à "un excellent nouvel accord qui reprend le contrôle", en référence aux promesses du camp "Leave" lors du référendum de juin 2016 que le Royaume-Uni puisse reprendre après le Brexit le contrôle de ses lois, de sa politique commerciale, de ses frontières et de son argent.

Il a enjoint les députés à approuver le texte lors d'une session parlementaire exceptionnelle samedi, "afin que nous puissions passer à d'autres priorités comme le coût de la vie, le service public de santé, la criminalité et l'environnement", le sujet du Brexit ayant monopolisé les débats parlementaires ces dernières années.

Pour l'emporter, Boris Johnson espère aussi rallier quelques députés travaillistes et indépendants dont les circonscriptions ont voté pour le départ de l'Union européenne lors du référendum de juin 2016.

L'accord de Brexit négocié par l'ancienne Première ministre Theresa May avait été rejeté trois fois par le Parlement, particulièrement opposé aux dispositions concernant l'Irlande du Nord.