Les négociations entre Londres et Bruxelles sur la nouvelle relation entre l'UE et le Royaume Uni après le Brexit vont reprendre le 20 avril, ont annoncé mercredi leurs négociateurs.

Le négociateur de l'UE Michel Barnier et le Britannique David Frost sont convenus d'organiser "des cycles de négociations d'une semaine complète" à partir du 20 avril "afin de réaliser des progrès réels et tangibles" d'ici juin, ont-ils expliqué dans une déclaration commune, à l'issue d'un entretien par visioconférence.

"Une réunion de haut niveau prévue en juin fera le point sur les progrès réalisés", ont-ils annoncé.

Les discussions ont été suspendues à cause du coronavirus après la première séance de travail début mars. Les deux rencontres suivantes ont été annulées.

Michel Barnier, qui avait été diagnostiqué positif au virus, a repris ses activités à Bruxelles en début de semaine. Il a repris langue avec David Frost et leur entretien a été qualifié de "constructif" dans la déclaration conjointe.

"Les deux parties ont fait le point sur les travaux techniques qui ont eu lieu depuis le premier cycle de négociations sur la base des textes juridiques échangés par les deux parties. Ces travaux ont été utiles pour identifier tous les principaux domaines de divergence et de convergence", ont-ils précisé.

La réunion de négociation du 20 avril et les deux suivantes, programmées le 11 mai et le 1er juin, se dérouleront par vidéoconférence "à cause du coronavirus".

MM. Barnier et Frost ont également discuté mercredi de la mise en oeuvre de l'accord de retrait.

Une première réunion du comité mixte a eu lieu le 30 mars entre le bras droit de Boris Johnson, Michael Gove et l'un des vice-présidents de la Commission, Maros Sefcovic le 30 mars.

"La mise en oeuvre correcte et en temps voulu de l'accord de retrait" est "une priorité essentielle pour les deux parties", souligne la déclaration.

Les comités spécialisés prévus par l'accord, notamment sur le protocole entre l'Irlande et Irlande du Nord et sur les droits des citoyens, doivent se réunir prochainement.

Les travaux de cette commission mixte sont distincts des négociations commerciales engagées entre Londres et Bruxelles, mais ils seront déterminants pour la nouvelle relation entre le Royaume Uni et l'UE.

Le Premier ministre Boris Johnson, également terrassé par le virus, a veillé à ce que la date pour la fin de la période de transition post-Brexit, le 31 décembre 2020, soit fixée dans la législation britannique. Il refuse d'envisager toute prolongation des négociations.

la Grande-Bretagne souhaite un accord de libre-échange calqué sur le modèle de la relation entre l'UE et le Canada. Dans le cas contraire, le Royaume-Uni sera lié à l'UE par les règles de l'Organisation Mondiale du Commerce (OMC) pour ses relations commerciales avec ses 27 anciens partenaires.

A l'issue du premier round de négociations, Londres et Bruxelles n'avaient pu que constater leurs importances divergences sur l'avenir de leur relation, en particulier sur les conditions de concurrence, l'architecture de l'accord et la pêche.

Les Britanniques qui visent plusieurs accords séparés, contrairement aux Européens qui en souhaitent un global, n'ont toujours pas transmis leur texte sur la pêche, un sujet explosif pour plusieurs Etats membres, selon une source européenne.