"En aucun cas le Parlement européen ne ratifiera un accord entre l'Union européenne et le Royaume-Uni si les autorités britanniques violent ou menacent de violer l'accord de désengagement, que ce soit par le biais de la loi sur le marché intérieur dans sa forme actuelle ou de toute autre manière", peut-on lire dans la déclaration des chefs de groupe et des membres du groupe de travail sur le Brexit.

Vendredi, ce dernier s'est entretenu avec le négociateur européen en chef sur le Brexit, Michel Barnier, et avec le vice-président de la Commission européenne Maros Sefcovic sur le projet de loi britannique sur le marché intérieur (Internal Market Bill). Le gouvernement s'y réserve la possibilité de prendre des décisions unilatéralement sur des sujets relatifs au commerce avec la province d'Irlande du Nord. Un certain nombre de dispositions de ce texte sont cependant contraires aux accords sur cette région conclus l'année dernière entre l'Union européenne et le Royaume-Uni dans le cadre de leur accord sur le Brexit.

Le projet de loi, qui doit encore être approuvé par le Parlement britannique, a suscité l'indignation du côté européen ces derniers jours. La Commission exige que le gouvernement conservateur du Premier ministre Boris Johnson abroge ces dispositions avant la fin du mois de septembre. Le Parlement soutient cette demande et demande à Londres de respecter le droit international et de mettre pleinement en œuvre l'accord de retrait.

Les eurodéputés soulignent qu'aucun accord ne sera finalisé avec les Britanniques tant que cette menace ne sera pas écartée, faisant allusion à l'accord de libre-échange que les deux parties négocient actuellement. Des discussions au point mort depuis des mois. Sans accord, on se dirigera alors vers un Brexit dur, avec des conséquences économiques majeures.