La présidente démocrate de la chambre basse du Congrès américain Nancy Pelosi a averti mercredi qu'il n'y aurait "aucune chance" d'un accord commercial entre Londres et Washington si le Brexit mettait en péril l'accord du "Vendredi saint" ayant mis fin à trente ans de violences en Irlande du Nord. Nancy Pelosi réagissait aux déclarations du conseiller à la sécurité nationale de la Maison Blanche, John Bolton, qui a affirmé lundi lors d'une visite à Londres que le Royaume-Uni serait "en première ligne" pour un accord commercial avec les Etats-Unis. "Si le Brexit sape l'accord du Vendredi saint, il n'y aura aucune chance qu'un accord commercial USA-Royaume-Uni soit approuvé par le Congrès", a averti Nancy Pelosi dans un communiqué.

Tout accord commercial doit être approuvé par le Congrès américain. Les démocrates contrôlent la Chambre des représentants tandis que les républicains détiennent la majorité au Sénat. "La paix apportée par l'accord du Vendredi saint est chérie par les Américains et sera farouchement défendue dans les deux chambres et par les deux partis", poursuit cette vétéran de la politique.

Un élu républicain de la Chambre d'origine irlandaise, Pete King, avait affirmé fin juillet au Guardian qu'il n'hésiterait pas à "s'opposer au président" Trump si le Brexit menaçait l'ouverture de la frontière entre l'Irlande du Nord (province britannique) et l'Irlande (membre de l'UE).

Londres espère ardemment nouer un accord de libre-échange ambitieux avec Washington après le Brexit, prévu le 31 octobre. Deux jours après la prise de fonction du Premier ministre britannique Boris Johnson le 24 juillet, Donald Trump avait annoncé que Washington et Londres "travaillaient déjà à un accord commercial" post-Brexit.

Signé en 1998, l'accord du "Vendredi saint" a mis fin à trois décennies de violences en Irlande du Nord, opposant républicains nationalistes (catholiques), partisans de la réunification de l'Irlande, et loyalistes unionistes (protestants), défenseurs du maintien dans la Couronne britannique. Ces violences ont fait quelque 3.500 morts.